Photo Hugues Siegenthaler

En Suisse, les inégalités dans les trajectoires individuelles de santé ne se creusent pas

Dans sa thèse de doctorat défendue le 12 décembre 2013 à Genève, Stéphane Cullati questionne le modèle des Avantages et/ou Désavantages Cumulés, et lui trouve moins de pertinence en Suisse qu’aux Etats-Unis. Son théoricien, Dale Dannefer, était présent pour en débattre.

Stéphane Cullati peut aujourd’hui se prévaloir du titre de docteur en sociologie pour une thèse par articles sur les trajectoires de santé de la population adulte en Suisse. Une revue systématique de la littérature vient d’être publiée dans le journal Advances in Life Course Research. Les trois autres papiers sont des études empiriques utilisant des données du Panel Suisse de ménages, avec différents échantillons et plusieurs méthodes d’analyse.

Sa thèse confirme que les facteurs socio-économiques influencent les trajectoires de santé. Cependant, « dans le contexte helvétique, il a été montré que le modèle des Avantages et /ou Désavantages Cumulés ne trouvait qu’un faible soutien empirique », possiblement en raison « du contexte du marché du travail et de la politique nationale de santé en Suisse ».

Lors de la défense publique de sa thèse, le 12 décembre au Centre interfacultaire de gérontologie et d’études des vulnérabilités, Stéphane Cullati a été vivement félicité par les cinq membres du jury, qui lui ont également soumis de nombreuses questions.

Le Prof. Dale Dannefer, de la Case Western Reserve University à Cleveland (USA), a déclaré qu’il s’agissait là d’une « thèse impressionnante et d’une excellente contribution à la littérature ».

Au sein du PRN LIVES, le Prof. Gilbert Ritschard a parlé d’un travail « très clair » avec « des outils avancés pas faciles à utiliser ». La directrice de thèse, la prof. Claudine Burton-Jeangros, s’est réjouie de cette contribution « à l’intersection de l’épidémiologie et des sciences sociales », dont les conclusions montrent que face à la vulnérabilité, « des mécanismes de compensation existent ».

Les questions ont notamment porté sur la pertinence de la mesure de santé générale auto-rapportée dans les enquêtes de panel, et sur la durée relativement courte du suivi longitudinal (moins de dix ans pour chacune des études empiriques). De quoi donner du travail à Stéphane Cullati pour la suite de sa carrière, qui se poursuivra à Londres dès l’été prochain, au International Centre for Lifecourse Studies in Society and Health.

Le Pôle de recherche national LIVES parraine le concours Haut & Court

Le Pôle de recherche national LIVES parraine le concours Haut & Court

Les ciné-clubs UNIL-EPFL organisent une compétition de courts-métrages avec plusieurs prix à la clé. Deux récompenses de 600 francs iront à des œuvres réalisées sur le thème « Bifurcations ». Elles seront remises par la direction de LIVES, pôle de recherche spécialisé dans l’étude interdisciplinaire des parcours de vie, lors du festival Fécule le 7 mai 2014.

Le semestre de printemps 2014 sera très cinématographique pour le Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie (PRN LIVES). Basé en grande partie à l’Université de Lausanne, ce centre de recherche s’est allié avec les Ciné-clubs UNIL-EPFL pour proposer une saison de projections consacrée aux parcours de vie, sujet inépuisable du 7e art. En bonus, ce partenariat se prolongera dans le concours annuel de courts-métrages Haut & Court organisé par les mêmes ciné-clubs dans le cadre du festival Fécule des cultures universitaires.

« Bifurcations »

Le thème de la compétition officielle est « Bifurcations », un concept très présent dans l’étude des parcours de vie, indiquant les moments où la trajectoire des individus change de direction en raison d’un événement attendu ou inattendu. Les bifurcations dans le parcours de vie peuvent intervenir dans le cadre familial ou professionnel, elles peuvent aussi être liées à la migration ou à la santé, autant de domaines de la vie auxquels s’intéressent tout particulièrement les recherches du PRN LIVES.

Le délai pour la remise des projets (courts-métrages de 6 minutes maximum) est fixé au 18 avril 2014. Un jury composé de professionnels du cinéma et de représentants du PRN LIVES sélectionnera deux lauréats qui remporteront un chèque de 600 francs lors de la soirée de projection des œuvres en compétition, le 7 mai à la Grange de Dorigny dans le cadre du festival Fécule. Un autre prix de 300 francs sera attribué à une troisième œuvre dans la catégorie « compétition à thème libre ». Plusieurs prix en nature sont également prévus.

Une saison sur les parcours de vie

Le cycle sur les parcours de vie débutera quant à lui le mercredi 26 février 2014 au cinéma Le Capitole à Lausanne, avec la projection de Mr. Nobody de Jaco Van Dormael (2010), un film d’anticipation retraçant la vie d’un homme de 118 ans qui se trouve être le dernier humain sur Terre. Cette inauguration, dans la salle mythique du centre-ville, est organisée par les ciné-clubs UNIL-EPFL en collaboration avec la Cinémathèque suisse. Le thème de cette série sur les parcours de vie y sera présenté par la vice-directrice du PRN LIVES, la Prof. Laura Bernardi.

Les projections suivantes auront lieu chaque mercredi du 5 mars au 28 mai en alternance à l’EPFL et à l’UNIL. Le programme complet est en cours d’élaboration et sera diffusé prochainement. Des chercheurs et chercheuses du PRN LIVES seront présents à plusieurs de ces soirées pour faire le lien entre les films et la recherche, et débattre avec le public. Entrée libre à tous ces événements.

> http://cineclub.epfl.ch

> www.hautetcourt.ch

Photo Olivia Och

"Des principes à la pratique" : la sensibilisation aux questions de genre a été un vrai succès

Virginia Valian, professeure de psychologie au Hunter College de New York, et Denise Sekaquaptewa, professeure de psychologie à l’Université du Michigan, étaient les invitées des universités de Genève et de Lausanne du 27 au 29 novembre 2013. Leur mission : transmettre quelques outils de promotion de l’égalité aux hiérarchies des deux institutions et autres milieux concernés. Une initiative du Pôle de recherche national LIVES et des Bureaux de l’égalité des universités, à retrouver également en version audio.

Aéroport de Genève, lundi 25 novembre au matin. Virginia Valian est attendue avec le petit carton à son nom prêt à être brandi. Soudain une petite dame en long manteau sombre déboule, valise à roulettes au poing. D’après les photos, c’est elle. Mais pas le temps de montrer le carton, il faut vite la rattraper. Malgré le jetlag, cette chercheuse chevronnée pose déjà des questions. Un peu de repos dans son hôtel, et dès la fin de matinée nous enchaînons les questions-réponses.

La professeure de psychologie ne vient pas seulement pour dire ce qu’elle sait. Elle vient pour partager un savoir, pour échanger, mais aussi pour comprendre comment la promotion des femmes fonctionne en Suisse, dans nos institutions. Nous causons statistiques, étapes de la progression des carrières universitaires, Programme fédéral Egalité, recherches, plans d’actions égalité. Très vite, elle comprend la complexité de notre système. Toujours très curieuse, et surtout avec cette envie de pouvoir toucher son public, elle demande qui seront précisément les personnes qui vont assister au premier atelier prévu le surlendemain. Elle rentre à l’hôtel avec une pile de notes et de documents à compulser.

Mardi 26 novembre, c’est Denise Sekaquaptewa qui débarque. Grande mince, très posée, elle observe et questionne également. Nous allons voir la salle et préparons la séance du lendemain, parlons organisation de l’espace autant qu’égalité… Elles rentrent pour mettre au point leurs interventions.

Participation de haut-niveau

Mercredi 27 novembre, 13h15, c’est le jour J dans la salle 408 du bâtiment Uni Dufour de l’Université de Genève. Vingt-sept personnes sont présentes : le rectorat dans son ensemble, les doyen-ne-s ou leurs remplaçant-e-s, des professeur-e-s, parmi lesquels le co-directeur et des chercheurs du PRN LIVES, ainsi que quelques membres du corps intermédiaire plongés dans la thématique.

Les deux conférencières puisent de nombreux exemples dans plusieurs recherches sur les perceptions des différences de genre, ainsi que dans leur propre expérience de la promotion de l’égalité. Les participant-e-s posent des tas de questions, discutent beaucoup durant les moments de travail en groupe.

Le jour suivant à l’Université de Lausanne (UNIL), salle du Château de Dorigny, trente-et-une personnes ont répondu au même appel : une doyenne, beaucoup de professeur-e-s, dont le directeur et la vice-directrice du PRN LIVES et d’autres membres du pôle. A nouveau les questions fusent, la matinée est très interactive.

Le soir, après une introduction très engagée par le recteur de l’UNIL et la vice-rectrice pour la relève académique et la diversité - elle-même aussi membre de LIVES, Virginia Valian s’adresse à un plus large public, très majoritairement féminin. Sa conférence est intitulée du même nom que son best-seller paru en 1998 : « Why so slow ? » (Pourquoi si lentement ?)…

Former les formateurs

Vendredi 29 novembre enfin, toujours à Lausanne, c’est au tour de l’atelier de formation des formateurs d’être mené tambour battant par les deux chercheuses avec une quarantaine de participant-e-s venu-e-s de toute la Suisse, impliqué-e-s dans des programmes « égalité » aux niveaux universitaire, fédéral ou cantonal. Des tuyaux sont échangés, des contacts noués.

Durant cette rencontre, Denise Sekaquaptewa explicite la manière de travailler à l’Université du Michigan. Elle évoque par exemple le Stride Committee du programme ADVANCE, composé d’une douzaine de membres issus de toutes les facultés, des directions de département, des doyen-ne-s et autres professeur-e-s, amenés à siéger dans des commissions de nomination: « Nous étions avant cela déjà toutes et tous concernés par les questions d’égalité, mais ce que nous avons réalisé en nous réunissant, quand nous avons vraiment commencé à regarder les chiffres et à nous écouter les uns les autres, c’est que nous ne savions pas vraiment ce qui se passait. En réalité, nous étions assez naïfs… »

Que retenir ?

Les deux chercheuses rejettent quelques affirmations communément admises pour expliquer la stagnation des carrières féminines.

  • Inertie démographique, qui aboutirait au fait que les hommes sont toujours au top et les femmes en bas, mais que le temps fera son affaire.
    Pour elles, il faut au contraire être proactif, car il n’y a pas assez de femmes dans le pipeline.
  • Répartition inégale des tâches, qui fait que les femmes sont débordées, ne veulent pas de responsabilités.
    Faux, car les femmes sans charge familiale ne progressent pas forcément mieux.
  • On affirme qu’elles s’intéressent moins à la recherche, qu’elles changent vite d’intérêt…
    On ne peut pas émettre ce jugement sans regarder le contexte parfois très hostile dans lequel les chercheuses évoluent.
  • Les femmes ne savent pas négocier correctement, c’est pour cela qu’elles ne percent pas.
    Faux, car même quand elles négocient bien, on constate que les femmes sont moins écoutées, peu valorisées, voire plus pénalisées que les hommes.

Virginia Valian évoque la question des « schémas », qu’elle préfère au terme « stéréotype » car c’est un concept plus large. Les études expérimentales prouvent que les femmes elles-mêmes sous-estiment les autres femmes et jugent négativement celles qui se distinguent. La psychologue souligne aussi que ceux et celles qui nient l’existence d’inégalités sont également plus nombreux à avoir une opinion défavorable des compétences féminines.

Selon Denise Sekaquaptewa, « la recherche montre que quelque soit le groupe social auquel on appartient, nous avons tous tendance à traiter les gens différemment en fonction de leur groupe social, qu’il s’agisse d’ethnicité, de genre, d’orientation sexuelle ou de handicap. Nous sommes tous sujets à des biais inconscients ». C’est ainsi que les femmes, en tant que personnes minoritaires, vont être davantage observées, perçues comme différentes et enfermées dans des rôles convenus.

Les petites rivières font ainsi les grands océans d’injustice : l’accumulation rapide des avantages permet aux hommes de progresser plus vite dans leur carrière, alors que les femmes cumulent les pénalités.

Rôle d'impulsion à jouer

Pour les deux chercheuses, on ne souligne pas assez que les équipes de travail mixtes réussissent mieux. Il faut dire et redire ces avantages, et les hiérarchies ont vraiment un rôle d’impulsion à jouer.

« Nous n’avons pas à nous sentir coupables des schémas de genre. Nous en avons tous (…). Mais nous devons prendre la responsabilité de changer », a claironné Virigina Valian lors de sa conférence publique, invitant les universitaires de sexe masculin à modifier quelques habitudes : regarder les femmes quand elles parlent, prévoir davantage d’intervenantes féminines dans les conférences, les nominer plus souvent pour des prix. Quant aux directions des institutions, le suivi de tableaux de bord et la mise sur pied de groupes de pilotage peuvent déjà faire beaucoup pour que la prise de conscience aille au delà de la simple bonne volonté.

Brigitte Mantilleri, Déléguée à l'égalité de l'Université de Genève
(avec EMC)

Une opération montée par le PRN LIVES (Nicky Le Feuvre, Floriane Demont, Sylvie Burgnard, Emmanuelle Marendaz Colle), le Bureau de l'égalité de l'UNIL (Stefanie Brander, Carine Carvalho) et le Bureau de l'égalité de l'Université de Genève (Brigitte Mantilleri, Olivia Och)

Prix pour un mémoire de master "LIVES" sur le bonheur conjugal à long terme à l’Université de Berne

Prix pour un mémoire de master "LIVES" sur le bonheur conjugal à long terme à l’Université de Berne

Depuis 2011, le prix de l’avancement de l’Université du 3e âge de Berne est attribué annuellement à une recherche particulièrement méritante sur le thème de l’âge et du vieillissement. Cette année, la récompense de 10'000 francs va à Jeanine Zwahlen pour son mémoire de master intitulé "Marital satisfaction in long-term partnerships: A typological approach" (Satisfaction conjugale dans les unions de longue durée : une approche typologique), réalisé dans le cadre du Pôle de recherche national LIVES sous la supervision de la Prof. Pasqualina Perrig-Chiello. La remise du prix aura lieu lors du Dies Academicus de l’Université de Berne le samedi 7 décembre 2013.

L’objectif de ce travail était d’identifier des modèles de relations de couple durables à partir d’individus n'ayant connu qu'une seule union maritale, une population peu étudiée jusqu’à présent de manière empirique. Partant de données récoltées par le questionnaire de l’IP12 du PRN LIVES et se concentrant sur 258 femmes et 236 hommes (494 individus au total), tous mariés depuis au moins quarante ans, l’analyse typologique a établi deux groupes : un ensemble de partenaires satisfaits et un ensemble de partenaires insatisfaits. Les deux groupes diffèrent non seulement dans leurs ressources inter et intra personnelles, mais montrent également différentes valeurs dans leurs indices de santé. Les personnes satisfaites rapportent plus de satisfaction conjugale et sexuelle, et atteignent en outre de meilleurs scores en co-développement de la relation. De plus, les individus heureux en mariage sont caractérisés par de moins grands degrés solitude, une meilleure santé psychologique et physique, ainsi que par moins de névrotisme et plus d’agréabilité.

La Prof. Pasqualina Perrig-Chiello, cheffe de l’IP12 du PRN LIVES, a déclaré que « le travail de master de Jeanine Zwahlen représente un formidable exploit scientifique qui aide à combler une lacune dans la recherche. Je trouve remarquable qu'une étudiante de master ait pu traiter une thématique complexe sous la forme condensée d’un article scientifique aussi différencié et informatif.»

Un ouvrage collectif tente de mesurer en quoi l'accélération du temps a modifié les parcours de vie

Un ouvrage collectif tente de mesurer en quoi l'accélération du temps a modifié les parcours de vie

L'allongement inégal de la durée de vie, la despécialisation des âges, la désinstitutionalisation des parcours de vie et l'injonction à l'autonomie sont quelques uns des phénomènes décrits par les auteurs de ce livre, parmi lesquels plusieurs chercheurs et chercheuses membres du Pôle de recherche national LIVES.

Nathalie Burnay, Servet Ertul et Jean-Philippe Melchior publient Parcours sociaux et nouveaux desseins temporels, dont plusieurs chapitres ont été rédigés par des spécialistes des parcours de vie membres du PRN LIVES: Stefano Cavalli, Christian Lalive d'Epinay, Eduardo Guichard, Farinaz Fassa, Eric Widmer, Gilbert Ritschard, ainsi que par Aude Martenot, participante au programme doctoral.

Résumé des éditeurs

Au cours des dernières décennies, les parcours sociaux des individus se sont transformés, diversifiés et complexifiés, mais subissant plus que jamais les inégalités issues du monde globalisé. L’accélération du temps à l’œuvre dans les sociétés contemporaines est à l’origine de nouveaux desseins temporels qui structurent et orientent ces parcours. Les auteurs et contributeurs de cet ouvrage s’interrogent sur les devenirs des parcours sociaux d’individus singuliers soumis aux transformations des cadres temporels, mais aussi à de nombreuses incertitudes existentielles. Ainsi la concrétisation de ces nouveaux desseins temporels s’effectue dans un contexte marqué à la fois par l’allongement inégal de la durée de vie, la déspécialisation des âges de la vie, la désinstitutionalisation des parcours de vie et l’injonction à l’autonomie. Les textes réunis dans cet ouvrage collectif apportent un éclairage original sur ce qui rythme désormais l’existence humaine.

Nathalie Burnay, Servet Ertul et Jean-Philippe Melchior (dir.), Parcours sociaux et nouveaux desseins temporels, Academia, 2013

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Les résultats d’une étude sur l’activation du réseau présentés aux ORP

Une quarantaine de conseillers des Offices régionaux de placement du canton de Vaud sont venus à l’Université de Lausanne le 14 novembre 2013 pour découvrir les premières analyses d’une enquête effectuée par une équipe du PRN LIVES auprès de 4648 chômeurs. Leurs réactions ont fortement intéressé les chercheurs, qui pourront ainsi formuler de nouvelles hypothèses sur l’importance des relations sociales pour retrouver du travail.

« Après deux minutes de discussion, vous nous avez déjà donné plusieurs pistes très intéressantes », s’est exclamé le Prof. Giuliano Bonoli quand les premières questions ont surgi lors de la présentation qu’avaient préparée les membres de l’IP4 du Pôle de recherche national LIVES à l’intention des conseillers des Offices régionaux de placement (ORP) du canton de Vaud. Cette réunion avait pour but de partager les premiers résultats d’une recherche lancée début 2012 auprès de 4648 personnes en recherche d’emploi afin de voir quelle est l’utilité de l’entourage sur la prise d’emploi.

Dans une première partie, Nicolas Turtschi a montré que si les contacts personnels sont de loin la première source d’information pour trouver du travail, comme le prouve le parcours professionnel passé des chômeurs interrogés, ces derniers privilégient d’abord internet, la presse et les offres spontanées pour chercher un nouvel emploi. Les personnes peu qualifiées sont celles qui activent le moins leur réseau, alors même que c’est dans leurs domaines d’activité que les relations ont le plus d’influence, bien davantage que parmi les cols blancs, contrairement à une idée reçue.

Contacts les plus efficaces

Anna von Ow et le Prof. Daniel Oesch ont ensuite expliqué ce paradoxe : un niveau de formation plus élevé augmente la chance de décrocher un poste et diminue la probabilité de le trouver par le biais de ses relations. L’utilisation du réseau compense donc en partie des désavantages liés à l’éducation et à la nationalité. Les contacts les plus efficaces sont d’anciens collègues, intégrés dans le marché du travail, oeuvrant dans la même branche et jouissant d’une position hiérarchique. Le réseau est ainsi décisif pour les chômeurs étrangers peu formés, actifs dans les secteurs de la construction, de l’agriculture et de la restauration, où les processus d’engagement sont moins formalisés.

A ce stade, plusieurs conseillers ORP ont déjà réagi : « Avez-vous comparé la durée du chômage entre les diplômés de grandes écoles et les non qualifiés ? » ; « Peut-être les ressortissants de l’Union européenne sont-ils plus motivés à retrouver du travail pour garder leur permis ! » ; « Peut-être que les employeurs favorisent les étrangers car ceux-ci acceptent de plus bas salaires… » ; « Les questionnaires ont été remplis en bonne partie pendant les mois d’hiver, au moment où les chômeurs de la construction sont en forte surreprésentation » ; « On sait que dans certaines cultures la notion de solidarité est très forte et que les chefs engageront plus facilement quelqu’un de la même origine. »

Bilan d’une expérience

Après cette première discussion, le Prof. Rafael Lalive a enchaîné sur l’expérience menée par l’équipe avec les participants à l’enquête : sur les 4648 personnes inscrites au chômage entre février et avril 2012, une moitié a été sensibilisée spécifiquement à l’importance d’activer son réseau social, ce qui rallongeait la traditionnelle séance d’information collective sur l’assurance-chômage de quinze minutes.

Avant de livrer les résultats de la comparaison, le chercheur a demandé aux conseillers ORP s’ils pensaient que cette mesure avait eu un impact sur une prise ultérieure d’emploi. Le verdict a été mitigé : certains conseillers ont réagi en soulignant qu’ils abordaient de toute façon la question du réseau dans leur présentation habituelle, et que d’autre part il est bien connu que les gens ne retiennent que 10 à 25% des informations données lors d’une séance.

Et en effet, l’expérience a montré un effet assez peu sensible de la mesure sur la prise d’emploi. Seules les femmes, les personnes ayant une bonne employabilité et celles au bénéfice d’une éducation tertiaire montrent une différence entre celles qui ont reçu la sensibilisation et celles qui ont juste assisté à la présentation ordinaire. Cela équivaut à un impact positif sur les profils plus les plus coopératifs, la mesure étant insuffisante pour les profils plus éloignés du marché du travail, ceux justement qui utilisent déjà peu leur réseau et pour qui il est prouvé que les contacts comptent le plus.

Réactions des conseillers ORP

A nouveau, le débat qui a suivi a été plutôt nourri. « Les hommes connaissent déjà l’importance du réseau, ils ont davantage de contacts et plus de culot pour les solliciter », a affirmé un conseiller ORP, contredisant les chercheurs qui pensaient au contraire que les hommes auraient plus tendance à dissimuler leur statut de chômeur afin de ne pas écorner leur image de principal soutien de famille.

Une autre conseillère ORP a soulevé un autre problème, celui des seniors qui ont de la peine à retrouver un emploi, et pour qui l’activation du réseau a la connotation négative du « piston ». « Tout dépend aussi de la région, a encore dit un autre : si le marché du travail est tendu, les contacts personnels compteront moins ! »

En conclusion, les chercheurs ont relevé qu’il est probable que pour certains publics, une simple information ne suffise pas, et qu’il faudrait certainement développer des mesures adaptées aux publics concernés, en tenant compte des spécificités des différents segments du marché du travail.

Le Prof. Bonoli a annoncé qu’une deuxième ligne de recherche démarrerait en 2015, portant cette fois-ci sur les employeurs. D’ici là, la valorisation des premières données va continuer. « Quand nous les présentons à nos collègues en Europe, nous pouvons voir l’envie qu’elles suscitent », a-t-il affirmé en remerciant vivement les conseillers ORP de leur collaboration essentielle pour cette étude.

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Chercheurs et praticiens de l’insertion des jeunes testent une formule d’échange inédite

Le 4 novembre 2013 à Lausanne, un forum a réuni des universitaires du Pôle de recherche national LIVES et des représentants des administrations vaudoise et fribourgeoise autour de la problématique des jeunes adultes à l’aide sociale. Cet échange informel visait à croiser les regards, sans impératif de résultat mais avec la volonté de mieux se connaître entre milieux concernés par les mêmes questions et pourtant fortement éloignés dans la pratique.

« Multi-dimensionnalité de la vulnérabilité » : ces mots sont revenus souvent, le lundi 4 novembre au Bâtiment administratif de la Pontaise, pour parler des difficultés que rencontrent les jeunes adultes au moment d’intégrer le monde du travail. Chercheurs en sciences sociales et responsables de service ou de programme d’insertion – en tout une vingtaine de personnes - ont débattu pendant un après-midi des défis de la prise en charge de ces 18-25 ans qui cumulent les désavantages.

Quelques portraits de jeunes en rupture ont été esquissés en début de séance par Nicole Andrey, responsable du projet « Scenic Adventure », une mesure d’insertion socio-professionnelle dans le canton de Vaud visant à remobiliser les participants grâce à la réalisation d’une production artistique. Beaucoup de ces jeunes sont marqués par des problèmes familiaux, une faible estime d’eux-mêmes, des soucis de logement et une mauvaise hygiène de vie, a-t-elle décrit. La responsable a souligné l’importance de tenir sur la distance et de se méfier de l’illusion du résultat immédiat – tant pour les jeunes que pour leurs encadrants.

Contributions scientifiques

Trois courtes présentations de chercheurs du Pôle de recherche national LIVES ont suivi. Felix Bühlmann (IP5) a fait part de son intérêt à étudier les parcours de vie de cette population et à problématiser des mesures d’insertion existantes en mettant à profit les avancées méthodologiques permises par l’analyse de séquences, une manière de tirer des typologies à partir de trajectoires au départ très variées, afin de mieux comprendre comment certains s’en sortent mieux que d’autres.

Puis Emilie Rosenstein (IP5) a résumé les conclusions d’une étude ayant porté sur le programme FORJAD du canton de Vaud, réalisée avec Jean-Michel Bonvin et Maël Dif-Pradelier. Recourant au concept des capabilités, elle a insisté sur le besoin d’appropriation par les jeunes des mesures qui leur sont proposées, en soulignant deux dimensions décisives : l’individualisation de l’accompagnement et la temporalité, ce qui signifie de mettre en place des projets prenant en compte les trajectoires biographiques et le rythme de chacun. Elle a terminé en posant la question de « l’après » des mesures, en demandant ce que l’Etat pourrait faire pour créer des opportunités sur le marché du travail, pour que les jeunes ne se heurtent pas à la désillusion.

Enfin Christian Staerklé (IP9) a abordé une perspective plus psychosociale de l’intégration professionnelle en s’intéressant au besoin de reconnaissance des jeunes – par leurs pairs, par leur famille et par leur environnement - ainsi qu’à l’importance de l’identité et des appartenances sociales. Il a évoqué une recherche menée par son équipe, qui a constaté l’effet bénéfique des définitions collectives du soi sur le sentiment d’efficacité, notamment parmi les jeunes issus de l’immigration, conclusion qui pourrait inspirer les programmes d’aide à l’insertion professionnelle.

Un débat animé

Dans le débat qui a suivi, François Mollard, chef du Service de l’action sociale dans le canton de Fribourg, a déclaré qu’il voyait dans les objets de la recherche des atouts supplémentaires pour défendre les projets en faveur des jeunes à l’aide sociale. A ses côtés, Jean-Claude Simonet, conseiller scientifique dans le même service, est intervenu plusieurs fois pour relever les nombreux défis posés par l’insertion de cette population, et la nécessité de diversifier les approches pour répondre à tous les besoins.

Du côté vaudois, le Service d’aide et de prévoyance sociales était notamment représenté par sa cheffe de service, Françoise Jaques, et Antonello Spagnolo, chef de la section Aide et insertion sociales. Ce dernier a posé plusieurs questions de fond : par exemple, comment permettre aux bénéficiaires de s’affranchir des prestations fournies par le secteur public ? Jusqu’où va la responsabilité de l’Etat vis-à-vis de ces personnes quand leur intégration professionnelle ne réussit pas pour des raisons inhérentes au marché du travail ?

« Accepter que certains soient sacrifiés n’est pas facile », a renchéri Jean-Claude Simonet. Pour certains, la priorité doit être de rapprocher les jeunes des réalités du monde du travail, la prise d’emploi étant le véritable moteur. Beaucoup constatent cependant que le plein emploi est une illusion. D’autres encore comparent le travail à une véritable violence pour des personnes déjà fragiles, rappelant qu’il ne garantit pas forcément à lui seul l’indépendance financière. Et comment mesurer le succès quand les difficultés d’insertion professionnelle s’accompagnent d’autres problèmes (addictions, etc.) ?

Des questions à approfondir

La discussion, de plus en plus animée, n’a débouché sur aucune solution miracle. Les chercheurs, parmi lesquels Dario Spini, directeur du PRN LIVES, ont plaidé pour une plus grande collaboration entre l’administration et le monde scientifique en vue de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les processus d’exclusion et de mobilité sociale. Les praticiens se sont quant à eux déclarés intéressés à mieux connaître grâce à la recherche ce que les jeunes ayant bénéficié de mesures deviennent à moyen terme, s’ils arrivent à maintenir les compétences acquises, quels sont les résultats concrets des programmes existants.

Les participants se sont quittés en concluant que de futures rencontres pourraient servir à approfondir des questions précises en petits groupes, en intégrant aussi d’autres acteurs, comme des représentants des employeurs et de la société civile, et en élargissant l’approche à d’autres étapes du parcours de vie, sachant que les problèmes ne surgissent pas d’un coup à 18 ans et ne se terminent pas simplement à 25.

Le 4e âge à portée de tous : parution d’un livre qui incarne parfaitement cette nouvelle réalité humaine

Le 4e âge à portée de tous : parution d’un livre qui incarne parfaitement cette nouvelle réalité humaine

Christian Lalive d’Epinay et Stefano Cavalli publient un ouvrage grand public à la fois sensible et érudit dans la collection « Le Savoir suisse », puisant dans un vaste réservoir de données et de témoignages recueillis au cours des trente-cinq dernières années en Suisse auprès de personnes de plus de 80 ans, tranche d’âge à la plus forte croissance démographique.

Quand il vous donne rendez-vous sur un quai de gare, Christian Lalive d’Epinay vous annonce d’emblée, afin que vous puissiez le reconnaître : « Je suis grand, vieux et mince ». A 75 ans, ce sociologue doublé d’un infatigable voyageur est certes un spécialiste reconnu du vieillissement, fondateur et ex-directeur du Centre interfacultaire de gérontologie et professeur honoraire de l’Université de Genève. Mais à la lecture du livre qu’il publie ces jours avec Stefano Cavalli - son ancien doctorant devenu maître assistant et qui prendra dès janvier la responsabilité d’un centre universitaire tessinois de compétence sur le vieillissement, on est tenté de citer leur propre ouvrage pour relativiser : « L’éveil de la conscience d’être vieux est toujours soutenu par l’expérience vécue de la fragilisation ». Or Christian Lalive d’Epinay n’a rien de fragile, et le livre des deux auteurs montre bien que la vieillesse ne commence maintenant, pour beaucoup, qu’après 80 ans, au cours de ce quatrième âge que la plupart des habitants des sociétés industrialisées finissent de nos jours par atteindre.

A n’en pas douter cependant, la proximité de l’échéance pour Christian Lalive d’Epinay contribue à donner à cette publication une tonalité particulière : « Avantage de mon âge, je crois avoir le droit d’associer vieillesse et mort sans détour, sans craindre de choquer. Stefano a joué un rôle important sur ce point, en m’encourageant à exprimer quelques-unes des convictions que j’ai acquises en trente ans de recherches sur le thème, tout en m’aidant à garder une certaine distance dans la manière de l’exprimer », explique le sociologue.

Richesse des données

Au cours de leur longue collaboration, Christian Lalive d’Epinay et Stefano Cavalli - tous deux impliqués dans le Pôle de recherche national (PRN) LIVES, le premier en tant que membre de son Conseil consultatif, le second comme chercheur au sein de l’IP13 - ont travaillé sur cinq enquêtes transversales ou longitudinales sur la population âgée, réalisées de 1979 à 2011 (GUG-1979, CIG-1994, SWILSOO, CEVI, VLV), la dernière étant financée par le PRN LIVES. Trois de ces enquêtes ayant eu un volet qualitatif, les témoignages abondent dans "Le Quatrième Âge ou la dernière étape de la vie" et lui donnent une grande partie de sa force.

En quelque 130 pages au style fluide et vivant, les auteurs dressent le portrait d’une population loin d’être aussi homogène que prévu, malgré ses traits communs. Si l’expérience de la fragilisation concerne une majorité de personnes très âgées, toutes n’arrivent pas en fin de vie de manière totalement dépendante. Cette auscultation sociologique du quatrième âge nous instruit sur les changements qui s’opèrent dans cette phase de la vie, sur les inégalités entre hommes et femmes (qui ne sont pas forcément là où on les attend) ainsi qu'entre les classes sociales, et nous ouvre les yeux sur les questions de conscience et d’identité qui agitent les individus.

De la mort et du sens de la vie

Le livre se termine par une réflexion sur le voisinage de la mort et le sens de la vie, réflexion enrichie par l’apport de témoignages très émouvants des participants aux enquêtes, ainsi que par des références littéraires et philosophiques allant de l’Antiquité aux existentialistes.

On ne peut refermer cet ouvrage sans se demander ce que le professeur à la retraite qui l’a co-rédigé fait de toutes ses connaissances pour se préparer à l’inéluctable : il répond par une liste d’occupations mêlant petits-enfants, randonnée, excursions dans des territoires « hors civilisation » (Grand Nord canadien, Alaska…), amitié et lectures en tous genres, y compris la poésie, « ce qui est nouveau et m’a surpris moi-même », confesse-t-il en citant deux vers de Philippe Jaccottet : « Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance / plus j’ai vécu, moins je possède et moins je règne… »

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Le cancer du sein frappe aussi les hommes. Une équipe LIVES s’en préoccupe

La maladie qui concerne une femme sur huit fait également des victimes parmi leur compagnon. Dans le cadre du Pôle de recherche national (PRN) LIVES, un projet dirigé par le Prof. Nicolas Favez montre que les deux partenaires doivent être soutenus.

C’est une micro-équipe qui s’est attaquée à l’étude des impacts psychosociologiques d’un mal majeur au 21e siècle : le cancer du sein, première cause de mortalité des femmes de moins de 60 ans. Nicolas Favez, professeur de psychologie à l’Université de Genève et chef de l’IP11 du PRN LIVES, mène une enquête longitudinale avec une chercheuse post-doc, une doctorante et une infirmière, en collaboration avec un médecin du CHUV, dont une des originalités est de s’intéresser également au ressenti des conjoints dans cette épreuve.

L’étude se déroule en plusieurs étapes. Dans le mois qui suit leur opération, les patientes et leur partenaire sont invités à répondre à un questionnaire individuel et à participer à un entretien d’environ 30 minutes. L’exercice est ensuite répété trois fois au cours des deux années suivantes. Le questionnaire sert à récolter des données sociodémographiques sur les participants ainsi que des informations sur leur état psychologique, la qualité de leur relation de couple et le soutien social dont ils bénéficient. L’entretien permet d’approfondir certains ressentis et permettra une approche par « méthodes mixtes », mêlant le quantitatif et le qualitatif.

Plus de participant-e-s que prévu

Au départ, fin 2011, l’équipe s’attendait à recruter très difficilement des participants et s’était fixé comme objectif de réunir 60 couples, soit 120 personnes. Deux ans plus tard, 150 personnes ont déjà été interviewées, et l’expérience montre que le taux de refus n’est que de 30%. Des femmes célibataires participent également à l’étude, ou sont en couple mais seules à répondre, le conjoint n’ayant pas accepté d’entrer dans le projet.

« Nous constatons que les gens sont souvent contents que l’on s’intéresse à eux pour autre chose que des questions médicales. Les hommes notamment sont particulièrement touchés qu’on les inclue dans la démarche », explique le Prof. Favez. « Or l’analyse des premières données montre que le stress généré par la maladie est tout aussi élevé, voire davantage, chez les hommes que chez les femmes, qui ont un ennemi clair à combattre, alors que leurs compagnons se sentent ballotés et sans contrôle de la situation. »

Le chercheur note aussi que les femmes chez lesquelles on recense les plus grands signes de symptômes de dépression sont aussi celles dont le conjoint a refusé de participer : « C’est peut-être un indice de tension relationnelle, et l’on sait déjà que le soutien du partenaire dans n’importe quel type de maladie est essentiel pour la santé mentale. Ce qui est plus controversé, c’est de savoir si la santé mentale a à son tour un impact sur le système immunitaire, et donc sur la santé physiologique », poursuit-il.

De la matière pour dix ans

A ce stade, seules les données de la première vague de questionnaires et d’entretiens ont été en partie analysées. « Nous avons de la matière pour dix ans de recherche et de publications », se réjouit le responsable du projet.

Une autre originalité de cette étude est de recourir à la théorie de l’attachement pour observer la manière dont les femmes vivent leur cancer et analyser le type de soutien apporté par les partenaires face à une telle maladie. Grossièrement résumée, cette théorie répartit les personnes selon trois types d’attachement : le sécurisé, l’anxieux et l’évitant, en fonction de constructions de la personnalité liées aux premiers mois de la vie. « Nous avons déjà pu analyser par exemple que les femmes « évitantes », qui ne montrent pas leurs besoins émotionnels et sont dans l’hyper-contrôle d’elles-mêmes, souffrent davantage des atteintes à l’image de leur corps que provoque le cancer du sein. Cela laisse penser qu’il faudrait peut-être cibler les interventions en fonction des personnalités de chacune et de chacun », entrevoit le psychologue.

Prévention et soutien psychologique

Car le but ultime de cette étude, en plus de la recherche fondamentale, est bien d’arriver à faire des propositions pour une prévention des effets négatifs du cancer sur le bien-être psychologique. Pour l’instant, les femmes ne bénéficient d’aucun suivi systématique, et les hommes d’aucun soutien du tout. L’équipe de projet estime qu’il faudrait prévoir ces espaces, où les hommes pourraient ainsi venir déposer en toute confidentialité le fardeau de l’accompagnement au quotidien de leur compagne malade.

Les entretiens menés dans le cadre de l’étude montrent en tout cas que les partenaires retirent une grande satisfaction de cet intérêt pour leur état personnel. L’autre conclusion, encore provisoire également, est que si ce moment est intégré dans le processus ordinaire du traitement de la patiente, il a de plus grandes chances d’être pris en compte que s’il surgissait d’une autre instance. Les couples accepteront d’autant plus volontiers cette offre qu’elle ne les détourne pas de leur priorité : vaincre la maladie.

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Insertion professionnelle des jeunes : une rencontre entre chercheurs et travailleurs sociaux

La Haute école de travail social et de la santé Vaud - EESP Lausanne et le Pôle de recherche national LIVES organisent une conférence intitulée «L’insertion des jeunes vulnérables : l’expérience FORJAD à la lumière des capabilités» le 9 décembre 2013 à Lausanne en présence d'acteurs académiques et de professionnels de l'insertion.

En 2006, le canton de Vaud a initié le programme FORJAD (Formation pour jeunes adultes en difficulté) permettant aux jeunes adultes (18 - 25 ans) à l’aide sociale d’accomplir une formation professionnelle pour renforcer leurs possibilités d’insertion sociale et professionnelle. Ce programme novateur fait figure de référence dans le champ de l’insertion en Suisse et il importe de questionner son impact sur la trajectoire de ces jeunes adultes dits « en difficulté ».

C’est le but de cette conférence qui se propose d’évaluer FORJAD à l’aune de l’approche par les capacités. L’objectif est de saisir dans quelle mesure le programme promeut les capabilités de ses bénéficiaires, leur liberté réelle de se former, de travailler, ainsi que leurs possibilités de participation et d’intégration à la société plus généralement.

Cette conférence se base sur les résultats de deux projets de recherche : WorkAble - Making Capability Work (FP7) de la Commission européenne et Surmonter la vulnérabilité face au chômage: Possibilités et limites des politiques sociales dites «actives» (IP5) du Pôle de recherche national LIVES. Elle s’adresse aux enseignant·e·s, chercheur·e·s, et aux étudiant·e·s des Hautes écoles et du Travail social en particulier, ainsi qu’aux responsables cantonaux et aux professionnel·le·s de l’insertion et de la formation.

Les intervenants seront issus de ces différents milieux, afin de bénéficier des apports tant du monde de la recherche que du terrain.

Informations et inscriptions:
Emilie.Rosenstein@eesp.ch - www.eesp.ch/laress/cescap

"Assessing the social investment strategy" (International Conference)

International Conference organised by IDHEAP, NCCR LIVES and the Institute of Social Sciences of the University of Lausanne on April 10-11, 2014.

Call for submissions of papers that analyse the policies and politics of social investment. More specifically :

  • General studies of the reorientation of social policies towards social investment
  • Studies of the politics of social investment policies
  • Impact studies of selected social investment policies, such as childcare, active labour market policies, retraining programmes, etc..
  • Studies of social interventions in a life course perspective
  • Assessments of the social investment strategy as a whole

Paper submissions should consist of a title, an abstract (300 words max.) and full contact details of all authors.

They should be sent to socialinvestment2014@idheap.unil.ch no later than 20th December 2013.

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Deux chercheuses américaines en Suisse pour semer des graines d’égalité de genre à l’université

Invitées par le Pôle de recherche national LIVES et les bureaux de l’égalité des universités de Genève et de Lausanne, deux éminentes spécialistes des questions de genre vont tenter de faire éclore, du 27 au 29 novembre 2013, quelques idées nouvelles afin de percer le plafond de la serre universitaire.

Trois événements majeurs en matière de promotion des carrières féminines auront lieu fin novembre à l’Université de Genève et à l’Université de Lausanne.

Intitulée « Gender Awareness in Academia : From Principles to Practice » (Prise de conscience des problèmes de genre à l’université : des principes à la pratique), cette initiative en trois volets est née dans le cadre d’un des mandats du Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : Perspective du parcours de vie (PRN LIVES).

Le PRN LIVES s’est allié avec les bureaux de l’égalité de ses deux universités hôtes pour concevoir et mettre en œuvre ce programme de formation à l’intention de plusieurs types de publics.

Une attente du FNS

Les pôles de recherche nationaux tels que LIVES ont parmi leurs différentes missions celle de porter une attention particulière à l’avancement des femmes dans la recherche, comme le précise le Fonds national suisse de la recherche scientifique qui les finance.

« Nous avons voulu de cette manière apporter une touche d’innovation à notre plan d’action », indique la Prof. Nicky Le Feuvre, responsable des questions d’égalité devant le Conseil de direction du PRN LIVES.

Des invitées prestigieuses

Les deux invitées sont Virginia Valian, chercheuse avancée au Département de psychologie du Hunter College (New York), et Denise Sekaquaptewa, professeure de psychologie à l’Université du Michigan, qui remplacera Abigail Stewart, initialement annoncée dans les invitations postées en septembre mais retenue aux Etats-Unis pour des raisons de santé.

Toutes les deux ont mené des recherches intensives sur les questions de genre et participé activement à des programmes de promotion des carrières féminines dans leurs institutions respectives.

Lutter contre les stéréotypes

Le programme de ces trois jours comprend tout d’abord un atelier de sensibilisation aux stéréotypes de genre, qui se répétera à Genève et à Lausanne les 27 et 28 novembre. Il est destiné aux membres seniors du PRN LIVES et à d’autres responsables académiques de haut niveau.

Selon Nicky Le Feuvre, « la plupart des programmes en faveur de l’égalité hommes-femmes au sein des universités visent les femmes, créant le risque de les identifier comme LE problème. Notre idée a été de renverser le raisonnement, pour partir de la prémisse que le vrai problème des femmes dans le monde académique vient en fait des stéréotypes que les gardiens – masculins - du temple pourraient avoir ».

Virginia Valian et Denise Sekaquaptewa mèneront dans ce sens un atelier très pratique, résolument interactif et ludique, offrant à des universitaires ayant gravi un certain nombre d’échelons hiérarchiques l’opportunité d’explorer de manière critique leurs propres croyances et pratiques. Comme une bonne partie d’entre eux est composée de spécialistes des inégalités sociales, le débat promet d’être animé !

Conférence publique

Le 28 novembre toujours, en fin de journée, une conférence de Virginia Valian, ouverte au public mais donnée en anglais sans traduction, aura lieu à l’IDHEAP (Lausanne). Sous le titre « Why so slow ? » (Pourquoi si lentement ?), elle reprend le nom de son best seller paru en 1998 et réédité plusieurs fois.

Ses conclusions, puisant dans des concepts et des données de la psychologie, de la sociologie et de l’économie, restent d’une étonnante actualité sur les raisons qui expliquent pourquoi si peu de femmes occupent des positions de pouvoir et de prestige.

Pour un impact à long terme

Enfin, le vendredi 29 novembre, les deux chercheuses américaines animeront à l’Université de Lausanne un atelier de formation pour des spécialistes des questions de genre, internes et externes au monde académique, ouvert par exemple aux responsables des bureaux de l’égalité des universités, des villes, des cantons ou de la Confédération, ainsi qu’à d’autres professionnels concernés.

L’objectif de ce séminaire est d’échanger des idées, des bonnes pratiques et du matériel de formation, afin que l’initiative « Gender Awareness in Academia » produise des fruits durables pour l’avancement des femmes, dans le plus grand nombre de domaines et de milieux possibles.

"A life course perspective on health trajectories and transitions" (Springer Series)

Claudine Burton-Jeangros & Stéphane Cullati (NCCR LIVES IP10, University of Geneva), Amanda Sacker (University College London), and David Blane (Imperial College London) are editors of a book that will be published by Springer in the collection “Life course research and social
policies”, directed by NCCR LIVES Board of Directors (Laura Bernardi, Dario Spini and Michel Oris).

  • Propositions : November 15, 2013
  • Selection of abstracts: December 1, 2013
  • Submission of chapters: March 2014
  • Reviewing: feedback to authors by April 30, 2014
  • Final submission: June 15, 2014

Science fiction et étude des parcours de vie réunies dans une vidéo projetée à Géopolis

« Utopie-Dystopie » était le thème de l’inauguration, le 3 octobre 2013, du nouveau bâtiment Géopolis de l’Université de Lausanne, abritant des bureaux du Pôle de recherche national LIVES. Dans une vidéo réalisée pour l’événement, Jean-Marie Le Goff disserte sur « La Jetée », film culte de la science fiction, dont une séquence rappelle au chercheur un outil très utilisé dans l’étude des parcours de vie.

Dans la vraie vie, les universitaires reçoivent des appels à contribuer à une publication ou un colloque. Mais c’est dans une autre dimension que Jean-Marie Le Goff, démographe et membre des IP1, 10 et 15 du PRN LIVES, illustre ici son savoir. Il a en effet répondu à un casting lancé par les organisateurs de l’inauguration du bâtiment Geopolis, qui recrutaient des chercheurs pour commenter quelques œuvres phares du cinéma d'anticipation.

Dans la liste, il y avait « La Jetée », moyen-métrage de 28 minutes réalisé en 1962 par Chris Marker sous forme de « photo-roman », soit une suite d’images fixes montées sur une voix off. « Je le connaissais depuis ma jeunesse. C’est une référence pour la culture Underground, dans laquelle mes amis et moi baignions à l’époque. Puis je l’ai revu quelques années plus tard, et c’est là que j’ai fait l’analogie avec la recherche sur les parcours de vie », explique Jean-Marie Le Goff.

Le film raconte les visites d’un homme venu du futur dans un Paris qui n'a pas encore connu la 3e guerre mondiale. Afin d’indiquer de quelle époque il vient, il montre à une femme un point à l’extérieur d’une coupe de séquoia couverte de dates historiques. Cette métaphore avait déjà été utilisée dans une autre œuvre cinématographique : « Vertigo », d’Alfred Hitchcock.

« Machine à cartographier le temps »

Pour Jean-Marie Le Goff, la coupe d’arbre est une « machine à cartographier le temps » qui rappelle les calendriers de vie qu’utilisent les chercheurs pour aider les participants d’enquêtes longitudinales à se remémorer les événements et étapes de leur parcours de vie. Dans le film de Chris Marker comme dans son propre travail, le chercheur en sciences sociales voit posée « la question du futur, de ce qui se passe hors du cadre du calendrier. Et se poser la question du futur, c’est aussi se poser la question de l’incertitude. »

L’interview de Jean-Marie Le Goff sur des extraits de « La Jetée » compose une des six vidéos réalisées par David Monti pour Les Mystères de l’UNIL et l’inauguration de Géopolis. Elles sont toutes disponibles sur le canal de l’Université de Lausanne sur You Tube.

http://www.youtube.com/user/UNILTV

"Transformations of retirement policies" (Swiss Journal of Sociology)

René Knüsel, Jean-François Bickel, Béatrice Steiner, and François Höpflinger are Guest Editors of the Swiss Journal of Sociology Special Issue 2015 41(3) on "Transformations of retirement policies".

  • Deadline for abstract proposals : November 15, 2013.
  • Full papers : June 1, 2014.
  • Date of publication : November 2015.

See the call for papers:

Photo Patrick Clenet, Wikipedia

Le PRN LIVES accentue son implication internationale dans l’étude des parcours de vie

Plusieurs membres du Pôle de recherche national LIVES ont participé à la Conférence annuelle de la Society for Longitudinal and Life Course Studies (SLLS) qui s’est tenue à Amsterdam du 23 au 25 septembre 2013. Le prochain congrès aura lieu à Lausanne. Rendez-vous en 2014 !

The Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : Perspective du parcours de vie (PRN LIVES) est membre de la Society for Longitudinal and Life Course Studies (SLLS) depuis 2012. Son directeur, Dario Spini, en est le représentant global pour la Suisse. Il était à Amsterdam pour la Conférence internationale de la SLLS avec d’autres membres du PRN LIVES afin de présenter leurs recherches.

La conférence de cette année portait sur « Grandir et vieillir : transitions de santé à travers le parcours de vie ». Les orateurs principaux étaient Eco de Geus, professeur de psychologie biologique et co-directeur du Registre néerlandais des jumeaux au Centre médical de l’Université libre d’Amsterdam, Mark Hayward, professeur de sociologie et directeur du Centre de recherche démographique à l’Université du Texas à Austin, et Mel Bartley, professeure émérite de sociologie médicale, directrice du Centre ESRC pour l’étude des parcours de vie sur la société et la santé à l’University College de Londres.

Les sessions abordaient une grande quantité de thèmes en relation avec la santé dans les parcours de vie : dépendances, activité physique, obésité, santé mentale, éducation, adolescence et transition à la vie adulte, grand âge, caractéristiques socioéconomiques, emploi, et bien d’autres encore, avec environ 150 présentations et 30 posters de chercheurs venus d’une quinzaine de pays.

Deux symposiums LIVES

Les chercheurs LIVES avaient organisé deux symposiums : « Situations à risque et bien-être : l’impact des ressources personnelles », et « Rétrospective de la santé fonctionnelle et psychologique parmi les générations de personnes âgées en Suisse (1979-2012) ».

Dans la première de ces deux sessions, Christian Maggiori (IP7) a présenté « Trajectoires de chômeurs – éléments des deux premières vagues d’une étude longitudinale suisse ». Le chercheur montre que les ex-chômeurs qui trouvent un travail perçu comme instable ont un niveau de bien-être assez bas, plus proche de celui des chômeurs toujours en recherche d’emploi que de celui d’autres ex-chômeurs ayant trouvé un travail stable. Cette observation remet en question la distinction entre personnes en emploi et personnes au chômage, s’agissant du bien-être.

La présentation suivante, par Veronique Eicher (IP9), portait sur « Faire face aux situations stressantes dans le domaine professionnel ». Celle de Dario Spini (IP1 et IP13) s’intéressait à la « Participation à des activités de groupe comme stratégie aidant à faire face après la perte de l’être cher ». Quant à Rachel Fasel, coordinatrice scientifique du PRN LIVES, elle présentait « Croyances ébranlées : comment faire face quand le monde n’est pas juste ? » (voir Sur les traces des guerres en Ex Yougoslavie, le livre qui traverse les frontières entre disciplines).

D’autres chercheurs LIVES ont également présenté leur travail : Gilbert Ritschard, Stéphane Cullati, Mouna Bakouri, Nora Dasoki, Aude Tholomier, Michaela Knecht.

Tous ont eu l’occasion d’en savoir plus sur les méthodes et avancées d’études de panel réalisées dans d’autres pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, entre autres.

L’an prochain à Lausanne

La prochaine Conférence internationale de la SLLS portera son attention sur les politiques sociales dans une perspective parcours de vie. L’équipe du PRN LIVES se réjouit d’accueillir cet événement interdisciplinaire dans les locaux de l’Université de Lausanne du 9 au 11 octobre 2014.

 

"Lone Parenthood in a Life Course perspective" (Workshop)

The Swiss National Center of Competence in Research LIVES organizes a workshop on June 6-7, 2014, at the University of Lausanne. Abstract submission (between 500 and 2000 characters) is December 15, 2013.

Lone parenthood is an increasing reality in the XXI century, reinforced by the diffusion of divorce and separation. Despite the significance of this phenomenon, current studies and official statistics say relatively little about the process leading to lone parenthood, the nature of such state (transitory, stable, recurrent) and its complementary aspect of non-residential parenthood. How rapidly do single parent re-partner if they do so? How long do people stay lone parents for? What roles do play the age and the number of parents and children? How are roles shared between residential and non-residential parents? How lone parenthood varies between countries, cultures, generations, and institutional settings? What is the role of legal regulations concerning shared custody, parental authority, and financial support to non-residential children?

A life course perspective is essential in order to better understand lone parenthood and non-residential parenthood as part of family dynamics. We address this call to social sciences researchers (demography, sociology, social psychology, political sciences, economics, law) with an interest in the topic of lone and non-residential parenthood. We particularly welcome empirical contributions (quantitative, a qualitative, or mixed methods) taking a life course longitudinal perspective.

The following topics are to be addressed in the workshop:

  • Different forms of lone parenthood (chosen vs. event-driven lone parenthood, in the presence or absence of the non residential parent, etc...).
  • Transitions in and out of lone parenthood and the processes implied in these transitions.
  • Socio-economic, psychological, social well-being of lone parents/non-residential parents.
  • Intergenerational and gender perspectives on lone parenthood/non residential parenthood.
  • Prevalence and characteristics of lone parenthood/non-residential parenthood in comparative perspective (cross national, cross cultural, cross generational comparisons).

Location:
The workshop will take place in Lausanne on June 6-7, 2014.

Submission:
The deadline for the abstract submission (between 500 and 2000 characters) is December 15, 2013. Proposals can be sent to laura.bernardi@unil.ch.

Scientific committee:
Laura Bernardi (University of Lausanne), Pasqualina Perrig-Chiello (University of Bern), Cornelia Hummel (University of Geneva), Marieke Voorpostel (FORS)

17th European Conference on Personality

The 17th European Conference on Personality (ECP17) will be held at the University of Lausanne (Switzerland), from July 15 to July 19, 2014.
NCCR LIVES supports the conference.

Submission is open. The deadlines for abstract submission are the following:

  • Submission of a symposium: February 1, 2014
  • Submission of an oral presentation or a poster: Frebruay 15, 2014
  • Feeback on abstract acceptance: April 14, 2014

More information on http://www3.unil.ch/wpmu/ecp17/

Photo Hugues Siegenthaler

Le premier « Docteur LIVES » reçoit le prix de la Faculté des sciences économiques et sociales à Genève

Matthias Studer, premier doctorant du PRN LIVES à avoir terminé sa thèse, a reçu le vendredi 20 septembre 2013 un prix de 2000 francs récompensant un travail dont la moitié seulement aurait valu un doctorat, avait estimé le jury de thèse…

Obtenu en janvier 2012, le doctorat de Matthias Studer, membre des IP6 et IP14 du Pôle de recherche national LIVES, lui a valu le Prix 2013 de la Faculté des sciences économiques et sociales de l’Université de Genève.

Dans sa thèse, Matthias Studer montre que les femmes n’ont pas les mêmes chances que les hommes d’accéder aux études doctorales, puis de décrocher le titre dans les délais impartis.

Pour le démontrer, le chercheur a développé des méthodes innovantes en matière d’analyses séquentielles. Ces compétences ont d’ailleurs contribué au développement de la boîte à outil TraMineR, utilisée aujourd’hui dans le monde entier.

Lors de la soutenance de sa thèse, les membres du jury ont souligné son « étonnante maturité intellectuelle », sa « grande autonomie dans le travail » et son « sens de la pédagogie ».

Le professeur Cees Elzinga, de l’Université Libre d’Amsterdam, a déclaré qu’il avait lu sa thèse avec « la plus grande admiration (…) car elle contient en fait deux thèses, dont chacune aurait été plus que suffisante pour obtenir un doctorat ». Il faisait référence tant à la démonstration des inégalités de genre qu’au développement des méthodes utilisées.

 

Pour la 3e fois en une année, le Pôle de recherche national LIVES informe les participants de ses enquêtes

Pour la 3e fois en une année, le Pôle de recherche national LIVES informe les participants de ses enquêtes

Un bulletin d’information a été envoyé en septembre 2013 aux quelque 2000 participants de l’étude sur les caractéristiques personnelles et trajectoires professionnelles. Une étude sur les relations de couple dans la seconde moitié de la vie a également fait l’objet d’une publication de ce type.

Le Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie (PRN LIVES) mène plusieurs enquêtes longitudinales dans le cadre de ses projets de recherche. D’importants échantillons de population résidente en Suisse sont ainsi régulièrement interrogés sur différents sujets.

Ces personnes ont été informées des résultats provisoires de ces vagues de questionnaire dans le cadre des projets IP7 et IP12.

L’IP7 s’intéresse aux caractéristiques personnelles et trajectoires professionnelles. Il vient d’envoyer un second bulletin d’information en septembre 2013, onze mois après une première édition qui abordait les données récoltées lors de la première vague d’enquête.

L’IP12 travaille sur la question du couple, de la séparation et du veuvage à l’âge mûr. Il a présenté ses premiers constats dans un bulletin d’information paru en mars 2013.

Tous ces documents sont en ligne sur le site du PRN LIVES.

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