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La conférence nationale sur la promotion de la santé s’injecte une bonne dose de parcours de vie

Sept chercheurs et chercheuses LIVES, dont cinq chef-fe-s de projet, interviendront lors d'une prochaine réunion annuelle des professionnel-le-s de la santé le 29 janvier 2015 à Lucerne. Entièrement consacrée au thème des parcours de vie, cette journée organisée par Promotion Santé Suisse prévoit une série de conférences plénières et sous-plénières ainsi que des ateliers et des stands d’exposition, dont celui du Pôle de recherche national LIVES, qui promet d’être interactif.

« Si l’étude des parcours de vie n’est pas un concept nouveau, son application dans le domaine de la santé est cependant plus récente. Cette approche a pour objectif de mettre en évidence les interactions étroites entre la santé des individus et l’environnement physique et socio-économique dans lequel ils naissent, grandissent et vivent », annonce le programme de la 16e Conférence nationale sur la promotion de la santé se qui se tiendra le 29 janvier 2015 à la Messe Lucerne.

L’organisation Promotion Santé Suisse a dédié cette édition à Promouvoir notre santé tout au long de la vie, et invité plusieurs membres du Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie (PRN LIVES) à partager avec le monde médical leurs recherches menées à ce sujet en sciences sociales.

Le directeur du PRN LIVES, Prof. Dario Spini, interviendra dans la première séance plénière avec une présentation intitulée Dynamiques de santé au cours de la vie: une piste pour la prévention? Il sera suivi par Dr. Stéphane Cullati avec Parcours de vie et trajectoires de santé en Suisse: quelles conséquences pour la promotion de la santé?

Dans la sous-plénière sur les personnes âgées, la Prof. Pasqualina Perrig-Chiello, cheffe de l’IP12, s’exprimera sur les Ruptures à un âge avancé: répercussions et schémas d’adaptation en cas de divorce ou de veuvage, et le Prof. Claudio Bolzman, chef de l’IP2, parlera de la santé des migrants âgés.

Dans les autres sous-plénières, il sera encore question de Configurations familiales et fonctionnements sociaux-affectifs dans l’enfance et l’adolescence avec le Prof. Eric Widmer, sociologue chef de l’IP8.  Dans la partie réservée à la vie adulte, le chef de l’IP7, Prof. Jérôme Rossier, et une membre de son équipe, Prof. Alexandra M. Freund, aborderont l’angle de la psychologie pour faire le lien entre travail et bien-être d’une part, motivation et santé de l’autre.

« Seule une approche multidisciplinaire et multisectorielle est à même de nous aider à trouver des solutions. (…) Une telle approche intégrée et multidisciplinaire a pour objectif de rendre le système de santé plus efficace », estiment Barbara Weil, de la Fédération des médecins suisses, et Catherine Favre Kruit, de Promotion Santé Suisse, en présentant la conférence dans le dernier Bulletin des médecins suisses.

Les participants à cette journée sont invités à passer voir le stand du Pôle de recherche national LIVES, qui présentera sur un mode ludique un outil de travail de la recherche en parcours de vie : le calendrier de vie. Servant à retracer des trajectoires biographiques individuelles, cet outil permet d’analyser les liens existant entre la santé et les autres domaines de la vie tels que la famille et le travail.

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Le couple, invité surprise et omniprésent du forum sur la monoparentalité

Une trentaine de professionnels du social se sont réunis, vendredi 21 novembre 2014 à l’Université de Lausanne, à l’invitation du Pôle de recherche national LIVES et de la Fédération suisse des familles monoparentales. Face à l’augmentation des séparations et la banalisation des foyers éclatés, les objectifs de la rencontre étaient d’identifier les défis pour les politiques publiques ainsi que des pistes pour la recherche. Les échanges ont été fructueux, imprégnés toute la journée par ce constat : si un enfant, ça se fait à deux, une séparation réussie aussi...

Qu’est-ce qui rend le fonctionnement et les relations des familles monoparentales différents, comparés aux familles traditionnelles ? De quelles ressources ces foyers – autrefois considérés comme atypiques mais aujourd’hui en forte augmentation – manquent-il le plus ? Quelles sont les faiblesses observables à ce sujet dans le système suisse aux niveaux juridique, fiscal ou social ? Telles sont quelques-unes des questions qui ont été débattues lors du forum Famille en mutation et monoparentalités : le point de vue des professionnel-le-s qui s’est tenu à Lausanne fin novembre.

Une trentaine de représentant-e-s de services de l’Etat, d’œuvres d’entraide, d’associations de défense des parents ou de structures spécialisées dans l’enfance et la famille avaient répondu à l’appel du Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie (PRN LIVES) et de la Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM). Le format prévoyait une série de discussions, le matin en petits groupes professionnellement les plus homogènes possibles, suivies l’après-midi de confrontations des différents points de vue regroupés par thèmes, avant le moment de la synthèse et des conclusions en plénière, autant de « précieuses suggestions » pour la recherche, a souligné la Prof. Laura Bernardi, vice-directrice du PRN LIVES.

Les discussions étaient animées par des chercheurs et des chercheuses du PRN LIVES et suivies par des observateurs et observatrices en vue de la rédaction d’un rapport détaillé à venir en 2015 afin de rendre compte de toute la richesse des expériences et réflexions des professionnel-le-s engagé-e-s aux côtés des foyers monoparentaux.

L’état des lieux s’est concentré sur trois thèmes : les relations, les ressources et les politiques publiques, avec de nombreux liens ou problématiques communes entre ces domaines.

Manques et points forts

Parmi les particularités des familles monoparentales, les intervenant-e-s ont largement relevé les manques de ressources en termes de revenu, de temps, de liens sociaux, d’information et d’accès à la formation. L’isolement, le sentiment d’échec et les problèmes d’éducation sont autant de difficultés. Mais ces foyers possèdent aussi des points forts : ils offrent un plus grand nombre de modèles et de références à leurs enfants que les familles dites traditionnelles - où les conflits existent aussi, a rappelé une participante, mais où l’on n’a pas toujours la liberté de dire ce qu’on pense…

Tout au long de la journée, de nombreuses discussions ont tourné autour des étapes précédant et suivant la rupture du couple, perçue comme l’acte fondateur du foyer monoparental. « Ce n’est pas au moment du divorce que les choses se règlent », a ainsi déclaré Nicole Baur, déléguée à l’égalité du canton de Neuchâtel, rappelant que les femmes paient très cher, au moment de la séparation, leur mauvaise insertion sur le marché de l’emploi, largement due en Suisse à l’absence de solutions de garde et à une fiscalité défavorable aux couples qui travaillent.

La précarisation qui pèse ensuite sur les familles monoparentales frappe également lourdement les parents non gardiens (c’est-à-dire les pères, dans la plupart des cas), ont relevé les participant-e-s. Car ceux qui paient les pensions alimentaires peuvent certes défiscaliser cette charge jusqu’à la majorité des enfants, mais ne peuvent pas réclamer l’aide sociale, leur minimum vital étant en principe préservé. « Les pères contributeurs sont ainsi les seuls qui ne reçoivent aucune aide », a souligné Doris Agazzi, coordinatrice romande de la FSFM.

Mais si la question financière est source de nombreux conflits, « ce n’est pas toujours quand il y a peu d’argent que les problèmes sont les plus grands », a nuancé Nadia Rosset, spécialiste de la médiation familiale, rejoignant ainsi l’avis d’Antoine Hartmann, juriste au Centre social protestant (CSP) : « Quand on a réussi à dissocier le couple parental du couple amoureux, il est plus facile de se mettre d’accord. Ceux qui dialoguent s’en sortent très bien », a-t-il estimé, ajoutant plus tard : « Quand un couple explose, il faut attendre que la poussière retombe. Cela dépend de la force de la bombe et de la sensibilité à la poussière. (…) Le problème, c’est le conflit perpétuel. » Or, note Carmen Religieux, psychologue indépendante et membre du comité de la FSFM, « le conflit est aussi une manière de maintenir le lien… »

Problèmes de justice

Impossible donc de ne pas parler du couple, surtout en cette année où est entrée en vigueur la nouvelle loi sur l’autorité parentale conjointe comme règle. « Elle a été pensée pour des ex-partenaires qui s’entendent », remarque Caroline Alvarez, du Service de protection vaudois de la jeunesse. « Elle augmente les guerres ouvertes », dénonce quant à lui Thomas Riedi, président de l’Association des familles monoparentales et recomposées - Vaud (AFMR). L’ensemble des professionnel-le-s présent-e-s s’accorde à penser que si l’autorité parentale conjointe va bien dans le sens de l’intérêt de l’enfant, elle risque cependant d'aboutir à l’ouverture de nombreuses procédures auprès des instances officielles et tribunaux déjà surchargés.

A ce sujet, les carences de la justice ont été désignés plusieurs fois comme une source importante d’inquiétude : lenteur à traiter les cas, absence d’outils pour faire appliquer les décisions, manque de formation des  juges aux problématiques familiales et à la médiation, et surtout absence d’un tribunal de la famille qui soit seul compétent, comme il en existe en Allemagne, alors qu’en Suisse justice de paix et tribunaux d’arrondissement se répartissent les rôles.

Besoin de relais

Au moment de conclure, le mot « relais » s’est imposé pour désigner d’un seul terme plusieurs besoins fondamentaux des familles monoparentales : besoin tout d’abord de lieux d’accueil pour les enfants afin de favoriser leur développement et permettre aux parents de travailler - pont indispensable vers l’autonomie financière et l’intégration sociale ; besoin également de lieux d’écoute, de partage et de réseautage pour les parents - « pour dire que c’est difficile », et aussi « pour se rendre compte que d’autres expériences existent, que ce qui est intolérable pour soi peut être accepté ailleurs », a exposé Nicole Pletscher, collaboratrice d’accueil au CSP. Les difficultés des familles migrantes, privées du soutien de la famille élargie et moins bien armées pour affronter les démarches administratives, sont un exemple de situations où les besoins en « relais » sont particulièrement criants.

Toujours dans le même esprit, l’accessibilité et la prise en charge financière des prestations de médiation devraient être améliorées, ont défendu plusieurs intervenant-e-s. « On voit moins de défauts de paiement des pensions alimentaires quand la convention a été élaborée dans un processus de médiation que quand elle est le résultat d’une décision de justice », a par exemple cité Patrick Robinson, de la Coordination romande des organisations paternelles (CROP).

Equilibre travail-famille

Les recommandations issues de ce forum feront l’objet d’une publication à part entière. On peut déjà relever qu’il y sera notamment question d’harmoniser au niveau fédéral l’aide au recouvrement, les avances des pensions alimentaires et les pratiques fiscales. Les propositions viseront également une meilleure conciliation entre vie de famille et vie professionnelle, avec des aménagements du temps de travail à prévoir de manière moins « genrée » qu’actuellement, afin que les deux parents s’impliquent de manière plus équilibrée dans les deux dimensions, et cela avant comme après la rupture. Des idées de « formation à la parentalité » (sur le mode de l’éducation sexuelle à l’école) et de « prévention des séparations » ont aussi été évoquées.

Pistes pour la recherche

Enfin plusieurs études seraient nécessaires, ont estimé les participant-e-s, pour mieux définir les dispositifs à développer en faveur des familles monoparentales : analyser de manière qualitative les différences dans le bien-être des enfants en fonction des modes de garde ; comparer quantitativement le temps octroyé à la famille et celui consacré au travail au sein des foyers monoparentaux ; observer l’incidence des contributions d’entretien sur la paupérisation ; ou encore étudier rétrospectivement le parcours de vie des adultes enfants de divorcés.

« Les problèmes des familles monoparentales sont les mêmes que dans les autres familles, mais ils surgissent plus tôt et plus fort », a déclaré pendant la journée Serena Giudicetti, membre de l’antenne tessinoise de la FSFM. Ce sentiment à la fois de normalité et d’urgence pourrait être un bon leitmotiv pour la suite…

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Combiner données qualitatives et quantitatives : les apports de LIVES dans un workshop et un livre

Un workshop de deux jours aura lieu les 9 et 10 février 2015 à l’Université de Bielefeld. A côté de chercheurs basés en Allemagne, la vice-directrice du PRN LIVES est une des organisatrices. Elle est également co-auteure d’un chapitre sur les méthodes mixtes dans un livre collectif récemment publié aux Presses universitaires de Cambridge.

« Une bonne recherche par méthodes mixtes nécessite de connaître les deux approches méthodologiques ainsi que les défis méthodologiques, théoriques et analytiques spécifiques à l’intégration d’approches logiques différentes » : le workshop Beyond methodological dualism: Combining qualitative and quantitative data (au delà du dualisme méthodologique: combiner des données qualitatives et quantitatives) organisé au Centre pour la recherche interdisciplinaire (ZIF) de l’Université de Bielefeld en février prochain promet d’explorer le potentiel des méthodes mixtes sur la base d’études concrètes dans les domaines du marché du travail, des inégalités sociales, de la famille et des migrations. Soutenu par l’Institut allemand pour la recherche sur l’emploi (IAB), l’Institut allemand pour la recherche en économie (DIW Berlin) et le Pôle de recherche national LIVES, l’événement réunira des conférences plénières et des ateliers méthodologiques et thématiques.

La Prof. Laura Bernardi, vice-directrice du PRN LIVES, a proposé la session sur la famille. Elle a une longue expérience en méthodes mixtes, qu’elle applique maintenant à sa recherche sur les familles monoparentales en Suisse. Quand elle travaillait à l’Institut Max Planck pour la recherche démographique à Rostock (Allemagne) entre 2003 et 2009, elle a utilisé cette approche pour étudier l’influence des réseaux sociaux et familiaux sur les choix individuels de fécondité.

Cette recherche1 s’est penchée sur les partenaires de couples nés en Allemagne de l’Est et de l’Ouest qui ont atteint l’âge adulte au début des années 90. Elle est résumée dans un chapitre du livre Mixed Methods Social Networks Research, Design and Applications (Recherche sur les réseaux par méthodes mixtes. Conception et applications) qui a paru récemment aux Presses universitaires de Cambridge. Ce papier montre comment l’approche qualitative enrichit les données quantitatives, qui à elle seules ne sauraient décrire des aspects tels que les perceptions individuelles, les expériences et l’organisation familiale, ainsi que les mécanismes sociaux de soutien, d’apprentissage, de pression et de contagion qui sont en jeu dans la décision de faire un enfant.

L’approche quantitative quant à elle a permis de construire une typologie des réseaux et apporté une perspective structurelle. Les auteurs soulignent le défi pour des chercheurs issus de la tradition soit purement quantitative, soit entièrement qualitative, de surmonter leurs différences épistémologiques. « Il ne faut pas sous-estimer le processus de négociation nécessaire afin de trouver la bonne solution au moment de la conception d’une étude par méthodes mixtes », avertissent les auteurs. Ils défendent cependant l’idée que les méthodes mixtes possèdent « une force unique » qui mérite qu’on qu’attaque à ce challenge.

Au sein du PRN LIVES, plusieurs projets recourent aux méthodes mixtes sur des sujets comme la famille, la migration, le travail ou le vieillissement. Quelques chercheurs LIVES partageront leur expérience lors du workshop de Bielefeld : Emanuela Struffolino évoquera son approche méthodologique dans le cadre d’une étude sur les trajectoires professionnelles au moment de la transition à la parentalité, Andrés Gomensoro présentera sa méthode de recherche – « entre trajectoires et narrations » - sur les parcours de formation des enfants de la seconde génération de migrants, et Marthe Nicolet décrira comment elle a mêlé analyse quantitative et analyse de contenu dans une recherche sur les annonces mortuaires en Valais.

  • 1. Bernardi, L., Keim, S., Klärner, A. (2014). Social Networks, Social Influence, and Fertility in Germany: Challenges and Benefits of Applying a Parallel Mixed Methods Design. In Dominguez, S. & Hollstein, B., Mixed Methods Social Networks Research. Design and Applications (p. 121-152). Cambridge (UK): Cambridge University Press.
SLLS President Elizabeth Cooksey and LIVES PhD Candidate Ignacio Madero-Cabib

Une conférence internationale sur les parcours de vie à Lausanne récompense un doctorant LIVES

Ignacio Madero-Cabib a remporté un prix pour l'un des trois meilleurs posters lors de la conférence annuelle de la Society for Longitudinal and Life Course Studies (SLLS) qui s'est déroulée à l'Université de Lausanne du 9 au 11 octobre 2014. Le Pôle de recherche national LIVES était l'organisateur local de ce congrès, qui comportait plus de 200 présentations, une quarantaine de posters et deux conférences plénières, dont celle du Prof. Giuliano Bonoli de l'Université de Lausanne.

La présidente de la Society for Longitudinal and Life Course Studies (SLLS), Elizabeh Cooksey, professeure de démographie sociale à l'Université de l'Etat d'Ohio (USA), et d'autres membres du comité exécutif de la SLLS ont remis trois prix parmi la quarantaine de posters exposés lors de la 5e conférence annuelle de l'association, qui était accueillie cette année par le Pôle de recherche national LIVES à l'Université de Lausanne:

  • Jennifer Tork, de l'Université de Bielefeld, Allemagne, pour son poster Overcoming the risk of low levels of education by the ability of resilience
  • Julie Falcon, qui après une thèse à l'Université de Lausanne est passée par l'Université de Stanford (USA) et se trouve maintenant au Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung (WZB), pour son poster Transitions from school to work in time of crisis: Do younger generations really face worse career prospects than older ones at labour-market entry? 
  • Ignacio Madero Cabib, doctorant LIVES à l'Université de Lausanne, qui vient de passer un semestre au WZB également, pour son poster Life course determinants of retirees' subjective and objective well-being in Switzerland and Germany, réalisé avec la Prof. Anette Fasang, de l'Université Humboldt à Berlin.

La conférence a réuni près de 300 délégués venus de 23 pays, autour de 5 sessions parallèles comprenant environ 200 présentations. Le thème de cette année portait sur les politiques sociale dans une perspective parcours de vie, avec des accents sur la santé, l'éducation, l'emploi, la pauvreté, la famille, l'enfance, le grand âge, la migration, les questions de genre, les dépendances, les pratiques religieuses et les questions de méthode. Un atelier méthodologique d'une journée a d'ailleurs précédé la conférence le 8 octobre, animé par des membres du PRN LIVES.

Deux conférences plénières ont jalonné le congrès. Lors de l'ouverture, Giuliano Bonoli, professeur de politique sociale à l'Institut des hautes études en administration publique (IDHEAP) de l'Université de Lausanne et membre de l'IP4 du PRN LIVES, a consacré son intervention à la stratégie de l'investissement social. Utilisant des données de plusieurs sources, dont certaines études menées par son équipe, il a montré les limites mais également les promesses de l'investissement social. La préscolarisation par exemple, dont on connaît maintenant l'impact sur la performance scolaire ultérieure, profite pour l'instant surtout aux classes moyennes: c'est le fameux "effet Matthieu". Les politiques sociales ont donc un rôle à jouer pour faire en sorte que les plus défavorisés aient également accès à des places en crèche, par exemple en bénéficiant de tarifs adaptés au revenu. Le Prof. Bonoli a appelé de ses voeux davantage de recherche sur la question.

Autre invitée vedette, Kathleen Kiernan, professeure de politique sociale et de démographie à l'Université de York (GB), a abordé l'impact de l'environnement familial sur les jeunes enfants. Tirant ses données de l'étude longitudinale UK Millenium Cohort Study, elle s'est intéressée aux capacités cognitives et au comportement des enfants de moins de 5 ans, et montre que la pauvreté a un impact négatif sur les deux dimensions, mais que "l'affection parentale est plus importante que la richesse" pour améliorer les compétences des enfants.

Tout au long des trois jours de conférence, de multiples tweets ont été émis par des participants en utilisant le hashtag

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Les politiques sociales au coeur des débats du 3e Colloque Pauvreté

Les 2 et 3 octobre 2014, plus de 250 personnes se sont réunies à l'Université de Lausanne pour réfléchir aux mesures destinées à réduire la précarité. Soutenue par le Canton de Vaud, la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO), l'Université de Lausanne, le Centre de compétences suisse pour les sciences sociales FORS et le Pôle de recherche national LIVES, la troisième édition du Colloque biennal sur la pauvreté a réuni des délégués d'organes fédéraux ou cantonaux, d'organisations non gouvernementales et de fondations, ainsi que du monde de la recherche.

Walter Schmid a ouvert le colloque structuré en 8 conférences plénières et 13 ateliers. L'ancien président de la Conférence suisse des Institutions d'action sociale (SKOS/CSIAS) a donné un discours passionné sur le thème de l'aide sociale en Suisse, actuellement fortement menacée selon lui. Au cours des dernières années, des requérants d'asile ont vu leur assistance réduite à une simple aide d'urgence; dans certains cantons comme Berne, les prestations d'aide sociale ont diminué de 10%. Si cette tendance devait continuer, a averti Walter Schmid, le système suisse de protection sociale, complexe et fragmenté, pourrait se transformer en un système à deux vitesses où un nombre croissant de personnes recevrait beaucoup moins que les prestations minimum actuelles, pour l'instant fixées à 60% du revenu médian en Suisse.

Une question de justice?

Mais qu'est-ce qui justifie le maintien de telles dépenses par l'Etat social? D'une manière ou d'une autre, la plupart des conférences ont répondu à la question. Pour Walter Schmid, la réponse est claire: l'Article 12 de la Constitution fédérale garantit le "droit d'être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine".

Peter Sommerfeld, professeur à la Haute école de travail social de la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse, a présenté une vision quelque peu différente. S'exprimant sur le rôle du travail social dans la lutte contre la pauvreté, il a justifié les politiques publiques comme une forme de justice sociale tirant sa légitimité dans un besoin de bien-être ancré lui aussi dans la constitution. S'inspirant de l'approche des capabilités, Peter Sommerfeld estime que la pauvreté doit être comprise comme un déficit de bien-être; la meilleure manière d'y remédier serait donc de concentrer les efforts sur les capacités des individus, plutôt que de focaliser sur des chiffres tels que le revenu médian.

Loin de considérations éthiques, Jacques Donzelot de l'Université Parix X Nanterre a retracé l'histoire des politiques de lutte contre la pauvreté, montrant que deux motivations intimement liées ont toujours façonné les politiques sociales, et tout spécialement celles contre la précarité: la charité et le contrôle social. C'est particulièrement le cas du système pré-moderne de patronage philanthropique, du système de sécurité sociale dans les sociétés industrialisées, basé sur les assurances, ou des politiques actuelles contre l'exclusion sociale qui, selon Jacques Donzelot, maintiennent aujourd'hui la cohésion sociale dans le but de mobiliser les citoyens contre le monde extérieur.

Diversité des trajectoires

La question reste ouverte de savoir si Jacques Donzelot avait la société française à l'esprit en évoquant le caractère défensif des politiques de cohésion sociale. Cela dit, le colloque a clairement montré la diversité des personnes touchées par la pauvreté et par les politiques sociales destinées à la contrer. La conférence de Morgane Kuehni, Professeure à la Haute école de travail social et de la santé - EESP Lausanne (HES-SO), s'est attachée à illustrer cette diversité s'agissant des "working poor": certains ressentent de la honte et de la révolte envers leurs conditions de vie, d'autres s'y sont résignés, alors que d'autres encore ne montrent aucun scrupule.

Monica Budowksi, Professeure à l'Université de Fribourg, et Robin Tillmann, Directeur du Panel Suisse de Ménages chez FORS, ont également illustré cette diversité en évoquant les difficultés que rencontrent les chercheurs en sciences sociales pour analyser et mesurer la pauvreté. Celle-ci varie en intensité selon les moyens et les indicateurs utilisés par les études.

Au fil des 13 ateliers, il a encore été question de diversité des acteurs et des politiques en lien avec la pauvreté. Les thèmes ont porté sur l'endettement, l'aide en nature, la pauvreté chez les jeunes et chez les aînés, le logement, la santé et l'emploi. D'autres sujets étaient plus spécifiques, comme le "case management" ou la collaboration entre les nombreuses institutions sociales publiques. Tous ces ateliers commençaient par une présentation d'un chercheur ou d'une chercheuse et une présentation d'un-e praticien-ne, suivies par une discussion ouverte permettant l'échange d'idées, d'expériences et de connaissances, et favorisant ainsi les contacts entre les domaines professionnels et les disciplines académiques.

Pas de politique unique

Sans surprise, pour être traduite dans des politiques concrètes, cette diversité réclame des actions concertées. Bea Cantillon, de l'Université d'Anvers, en a donné les raisons en présentant la perspective de l'investissement social.

Dénonçant la perte du pouvoir d'achat parmi des couches grandissantes de la population suisse, Pierre-Yves Maillard, Conseiller d'Etat vaudois, s'est attardé quant à lui sur les rouages des politiques de lutte contre la pauvreté dans son canton, et a défendu sa stratégie de mesures spécifiques allant de pair avec les assurances connues et institutionnalisées en matière de santé, d'invalidité et de vieillesse. Il a expliqué que l'Etat de Vaud a mis en place des soutiens pour les familles, les étudiants, le logement et les soins, ainsi que pour l'emploi des jeunes et des femmes. Il a également mentionné que le canton a lancé un programme de prévention de la pauvreté passant par des projets dans les écoles et l'accueil de la petite enfance.

Enfin Gabriela Felder, directrice du Programme suisse de prévention et de lutte contre la pauvreté à l'Office fédéral des assurances sociales, a présenté ce programme lancé en 2014, démontrant encore une fois la grande diversité d'envergure, d'approche et de mise en oeuvre s'agissant des questions de pauvreté. Les projets concernés tournent autour de quatre axes: l'accès des enfants et des jeunes adultes à la formation, l'intération professionnelle, les conditions de vie ainsi que le suivi des mesures. Prévu jusqu'en 2018, ce programme sera doté d'un budget de 9 millions de francs.

Pascal Maeder, responsable LIVES du transfert de connaissances

Retrouvez le programme du colloque 

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"Venir d’ailleurs, vieillir ici" : une journée sur les populations âgées issues de la migration

Dans le cadre de la Semaine de la diversité organisée par le Canton de Genève, la Fédération Maison Kultura et le Groupe Intermigra de la Haute école de travail social de Genève ont tenu le cinquième Forum Romand sur l’interculturalité le jeudi 2 octobre 2014. Cette édition a été consacrée au vieillissement des populations issues de la migration et à ses enjeux en termes de politiques publiques et de travail social. Les modératrices des échanges reviennent sur cette journée pour en dégager les principales conclusions.

Au niveau fédéral, les populations âgées issues de la migration constituent depuis la fin des années 2000 une thématique mise à l’agenda de la politique de la vieillesse. Toutefois, ces populations n’émergent pas forcément comme public-cible des politiques de la vieillesse qui sont du ressort des communes et des cantons. Ces politiques touchent des domaines aussi variés que la mobilité, le logement, l’accès aux soins à domicile, les séjours en Etablissement médicaux sociaux, les activités culturelles et sportives, la formation, l’accès aux prestations complémentaires, ou encore le soutien aux démarches administratives.

Aujourd’hui, la prise en compte par les politiques locales des migrants âgés dépend en grande partie de la volonté des services publics et/ou des milieux associatifs. La journée « Venir d’ailleurs, vieillir ici » s’est donc donnée pour objectif de mieux comprendre les besoins et les enjeux en la matière, en croisant les résultats de recherches récentes avec les expériences des professionnels engagés auprès de ces populations. L’enthousiasme pour cette thématique étant au rendez-vous, les échanges ont été riches et intenses.

Conditions de vie des migrants âgés à la lumière des parcours de vie

Claudio Bolzman, Professeur à la Haute école de travail social et chef de l'IP2 du Pôle de recherche national LIVES, a présenté les résultats de trois recherches sur le vieillissement et la migration en Suisse. Il s’agit de l’étude Vivre / Leben / Vivere – Au-delà de la démocratisation du grand âge: progrès et inégalités, soutenue par LIVES, au sein de laquelle il coordonne un projet sur les personnes âgées originaires d’Italie, d’Espagne et du Portugal, et à laquelle participent Laure Kaeser et Giacomo Vagni. Il est également responsable, avec Théogène-Octave Gakuba, d’une recherche financée par la Fondation Leenards sur la qualité de vie des personnes âgées issues de l'immigration africaine et latino américaine. Enfin, il coordonne un projet sur les conditions de vie des personnes âgées d’origine roumaine, auquel a participé Oana Ciobanu.

Les résultats de ces recherches montrent que ces populations représentent une part croissante et hétérogène des populations âgées en Suisse. Leurs conditions de vie découlent en effet d’un parcours de vie marqué par le processus migratoire : conditions socioéconomiques et politiques dans le pays d’origine, motifs de migration, statut juridique dans le pays d’arrivée et accès aux droits sociaux et civiques, trajectoires professionnelles, familiales et de santé, et liens transnationaux et intergénérationnels.

Rémi Gallou, chercheur à la Caisse Nationale d’Assurance vieillesse en France, a ensuite présenté les résultats d’une enquête sur le vieillissement et le passage à la retraite des populations âgées résidant en France, et a également mis l’accent sur le poids de l’institutionnalisation des parcours de vie pour comprendre les différences nationales dans le domaine : les conditions de vie des populations âgées issues de la migration sont le produit d’un enchevêtrement entre, d’une part, les politiques migratoires et de l’emploi qui ont joué un rôle essentiel dans leurs trajectoires professionnelles, et d’autre part les politiques sociales qui impactent leurs conditions économiques au temps de la retraite, l’ensemble de ces politiques étant fortement déterminées par les contextes sociopolitiques des pays d’origine et d’arrivée.

Enjeux pour la recherche et le travail social

L’après-midi a été consacré aux expériences et attentes des professionnel.le.s. Les intervenant.e.s ont souligné l’importance de la prise en compte des besoins : « Si l’on veut proposer des mesures adaptées aux personnes issues de la migration, il faut écouter le terrain », a estimé Elma Hadzikadunik, responsable de Âge et migration à l’Entraide protestante suisse (EPER). Tou.te.s signalent l’abondance d’information, la qualité des prestations sociales et de santé, et le nombre important des activités socioculturelles pour les personnes âgées résidant en Suisse.

Mais des barrières à l’accès existent malheureusement souvent pour les personnes issues de la migration, et ce pour différentes raisons : manque de maîtrise de la langue locale, analphabétisme, volonté de « ne pas faire de vagues », comme l’a exprimé Ali Agraniou, représentant de Seniors d’ici et d’ailleurs à la Ville de Genève, ou encore appréhension des tâches administratives, etc. Toutefois, « ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas demandeurs », a également relevé Patricia Abd El Kader, responsable de Pays’Âge, une association grenobloise.

Comme l’a rappelé Anatole Tshizubu Malu, responsable de l’Université populaire africaine en Suisse, des lieux de rencontre où peuvent s’échanger les expériences communes seraient une première solution pour palier les difficultés d’accès. D’autres solutions ont également émergé de la discussion : former les prestataires de services pour les personnes âgées à la problématique de la migration, valoriser et échanger les compétences entre parties prenantes, mobiliser les communautés d’origine comme relais entre prestataires et personnes âgées issues de la migration, sans que ces acteurs communautaires ne se substituent aux services pour la vieillesse déjà existants.

Bref, il s’agit de sensibiliser les différents acteurs impliqués – y compris les chercheurs – à la question de la diversité du vieillissement, mais également de valoriser les parcours de vie des populations d’origine étrangère afin de ne pas faire exister les immigrés « que par les problèmes qu’ils posent à la société » (Abdelmalek Sayad, 2006, L’immigration ou les paradoxes de l’altérité).

Par Laure Kaeser et Oana Ciobanu

Informations 

  • Bolzman C., Fibbi R., Vial M. (1999) "Les Italiens et les Espagnols proches de la retraite en Suisse: situation et projets d'avenir", Gérontologie et société, 91 : 137–151.
  • Bolzman C., Poncioni R., Vial M., Fibbi R. (2004) "Older labour migrants’ wellbeing in Europe : the case of Switzerland", Ageing and Society, 24(3) : 411-429.
  • Programme Senior d’ici et d’ailleurs de la Ville de Genève
  • Programme Âge et migration de l’Entraide Protestante Suisse
"Les droits de l’enfant et l’approche par les capabilités : défis et perspectives"

"Les droits de l’enfant et l’approche par les capabilités : défis et perspectives"

Nouveau livre édité par Daniel Stoecklin (Institut universitaire Kurt Bösch) et Jean-Michel Bonvin (HETS-EESP & PRN LIVES) aux éditions Springer, avec un chapitre de Stephan Dahmen (HETS-EESP & PRN LIVES).

Ce livre traite des droits de l'enfant dans la perspective des capabilités. L'objectif est de questionner le développement des droits et libertés des enfants ainsi que leurs possibilités de participation dans des contextes aussi divers que la formation, l'accès aux loisirs, les parlements des jeunes, etc. 

L'ouvrage comprend notamment deux contributions de membres du CESCAP (Haute école de travail social et de la santé - EESP Lausanne, HES-SO) et de l'IP5 du Pôle de recherche national LIVES :

D'une part, Daniel Stoecklin et Jean-Michel Bonvin proposent une nouvelle façon de conceptualiser la citoyenneté et la participation des enfants à partir de quatre facteurs (économiques, politiques, organisationnels et personnels) qui favorisent ou entravent le développement de leurs capabilités. À partir de cette réflexion, les auteurs étudient comment et dans quelle mesure le droit des enfants à être entendu peut se traduire en une participation effective dans le cadre d'activités de loisirs.

D'autre part, Stephan Dahmen avance une critique des théories de la jeunesse focalisées sur l'autonomie des enfants, sous-estimant généralement les inégalités et le poids du contexte social dans le développement de leurs capabilités. Partant d'une étude de la transition école-travail, l'auteur suggère que l'approche par les capacités est un moyen adéquat d'étudier les droits de l'enfant dans une perspective sociologique.

Téléchargez la préface et la table des matières du livre ainsi que la conclusion.

Références complètes :

  • Stoecklin, D., & Bonvin, J.-M. (Eds.). (2014). Children’s Rights and the Capability Approach. Challenges and Prospects. Dordrecht: Springer.
  • Dahmen, S. (2014). The Theoretical Orthodoxy of Children’s and Youth Agency and Its Contradictions: Moving from Normative Thresholds to a Situated Assessment of Children’s and Youth Lives. In D. Stoecklin & J.-M. Bonvin (Eds.), Children’s Rights and the Capability Approach. Challenges and Prospects (pp. 153-173). Dordrecht: Springer.
  • Stoecklin, D., & Bonvin, J.-M. (2014). Cross-Fertilizing Children’s Rights and the Capability Approach. The Example of the Right to Be Heard in Organized Leisure. In D. Stoecklin & J.-M. Bonvin (Eds.), Children’s Rights and the Capability Approach. Challenges and Prospects (pp. 131-152). Dordrecht: Springer.
Inégalités sociales et inégalités de santé chez les personnes âgées : colloque à Montréal

Inégalités sociales et inégalités de santé chez les personnes âgées : colloque à Montréal

Dans le cadre des 27e Entretiens du Centre Jacques Cartier, une équipe LIVES travaillant notamment au Centre interfactultaire de gérontologie et d’études des vulnérabilités de l’Université de Genève participera à deux jours de réflexion interdisciplinaire faisant la part belle aux enquêtes longitudinales les 2 et 3 octobre 2014.

Le Centre Jacques Cartier est une plateforme d’échanges entre la région Rhône-Alpes et le Québec visant la collaboration entre milieux universitaires, milieux d’affaires et gouvernements, sur la base de l’interdisciplinarité. Un de ses objectifs est de "garantir un espace scientifique francophone grâce à l’excellence des communications qui sont présentées lors de ses Entretiens et à celle des réseaux qui s’y constituent", affirme son délégué général Alain Bideau.

Les Entretiens sont un rendez-vous annuel portant sur des problèmes de société. Cette année, les 27e Entretiens auront lieu du 2 au 10 octobre 2014. Les 2 et 3 octobre à Montréal, le premier colloque portera sur « Les interrelations entre la santé et le social dans la vieillesse ». Michel Oris, co-directeur du Pôle de recherche national LIVES, est membre du comité scientifique.

Comme le précise le programme, ce colloque « vise à faire progresser notre compréhension des relations qui existent entre les inégalités sociales et de santé parmi les personnes âgées. Il s’agira de les mettre en évidence, d’établir ou de réfuter les effets de cumul ainsi que les processus de régulation ou d’ajustement qui permettent de maintenir le bien-être individuel. L’étude de l’hétérogénéité dans la vieillesse considèrera aussi les origines des inégalités, les aspects processuels à travers des outils rétrospectifs (calendriers de vie, biographies) ou prospectifs (panels), pour prendre en compte le parcours de vie antérieur ou saisir l’impact du vieillissement.

L’ambition est de dépasser l’opposition encore courante entre l’approche de causalité sociale (le social détermine la santé) et celle de sélection ou causalité inverse (l’origine développementale de la santé et la santé pendant l’enfance déterminent les trajectoires sociales et de santé tout au long de la vie), pour faire ressortir les dynamiques d’interrelations. Cette rencontre se veut un espace de dialogue entre les perspectives sociodémographiques, psychologiques, biomédicales et épidémiologiques, pour discuter et promouvoir l’utilisation des méthodes longitudinales. »

Membres du Pôle de recherche national LIVES à l'Université de Genève, Michel Oris, Rainer Gabriel, Delphine Fagot et Jonathan Zufferey y présenteront un papier.

Des chercheurs latins inaugurent une nouvelle association de démographie historique

Des chercheurs latins inaugurent une nouvelle association de démographie historique

Le co-directeur du PRN LIVES, Michel Oris, est membre des comités scientifique et d'organisation de la conférence inaugurale visant à créer la Société européenne de démographie historique, soutenue par la Société de Démographie Historique (SDH), l'Asociación de Demografía Histórica (ADEH) et la Società Italiana di Demografia Storica (SIDeS). La conférence aura lieu à Alghero-Sassari (Sardaigne, Italie) du 25 au 27 septembre 2014.

La nouvelle association vise à renforcer la coopération entre intellectuels concernés par l'étude de la démographie historique en Europe, et à stimuler l'intérêt pour les questions de population auprès des programmes scientifiques, des agences et gouvernements européens, des organisations nationales et internationales et du grand public.

Lors de la conférence d'Alghero, plusieurs membres du Pôle de recherche national LIVES présenteront un papier:

Aline Duvoisin et Sylvie Burgnard de l'Université de Genève présenteront “Childless women during the baby boom in Switzerland” (femmes sans enfant en Suisse pendant le baby boom) au cours de la session “Qualitative and mixed approaches of fertility behaviours” (approches qualitatives et mixtes des comportements de fécondité) le 25 septembre, présidée par Michel Oris, également chef de  l'IP13 du PRN LIVES.

Le 26 septembre, Rainer Gabriel et Michel Oris de l'Université de Genève présenteront “A life course perspective on poverty in old-age Switzerland” (une perspective parcours de vie sur la pauvreté au grand âge en Suisse) au cours de la session “Life Course approaches in historical demography” (approches parcours de vie en démographie historique), présidée par Gilbert Ritschard.

Gilbert Ritschard, chef de l'IP14 du PRN LIVES et professeur à l'Université de Genève, présentera “Promises and requirements of recent development in sequence analysis” (promesses et exigences des récents développement en analyse de séquence) au cours de la session “Life course and the transformation of historical demography” (parcours de vie et transformation de la démographie historique).

Michel Oris présidera également une session sur “Internal and international migrations” (migrations internes et internationales) le 27 septembre.

Voir le site de la conférence: www.eshd.eu

Inégalités dans les sociétés modernes et familles au XXIe siècle: colloque et conférence publique

Inégalités dans les sociétés modernes et familles au XXIe siècle: colloque et conférence publique

La Faculté des Sciences de la Société et la Faculté d'Economie et de Management de l'Université de Genève, en collaboration avec le Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO) organisent un colloque d'une journée sur les inégalités dans les sociétés modernes, en présence de plusieurs acteurs clés le jeudi 25 septembre 2014. Cet événement sera suivi dans la soirée par une conférence publique sur l'évolution de la famille par Gøsta Esping-Andersen, professeur renommé de sociologie à l'Université Pompeu Fabra de Barcelone.

Jean-Dominique Vassalli, recteur de l'Université de Genève, et Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, cheffe du SECO, ouvriront le colloque. Puis participeront aux discussions le vice-recteur Yves Flückiger, Cyril Muller de la Banque mondiale, Didier Chambovey du SECO, Pierre Maudet, Chef du Département de l'Economie et de la Sécurité de Genève, Jean-Nathanaël Karakash, Chef du Département de l'Economie et de l'Action sociale de Neuchâtel, ainsi que bien d'autres membres prestigieux des mondes politique et académique.

Le Prof. Gosta Esping-Andersen, qui donnera la conférence d'ouverture de la nouvelle année académique à 19h00, participera également aux discussions de la session du matin. Le Prof. Jean-Michel Bonvin et le Prof. Michele Pellizzari, tous deux membres du Pôle de recherche national LIVES, respectivement présideront et concluront la session de l'après-midi.

Cet événement est organisé par l'Université de Genève et le Secrétariat d'Etat à l'Economie (SECO) avec le soutien du PRN LIVES et de l'Organisation pour la Coopération et le Développement économique (OCDE).

Inscription possible jusqu'au 24 septembr à l'adresse suivante: inequalities-2014@unige.ch

Couverture du livre "Adultes aînés, les oubliés de la formation" aux éditions Antipodes

On a encore besoin d’apprendre passé 65 ans : une évidence qui fait son chemin

Une table ronde soutenue par le Pôle de recherche national LIVES le 18 septembre 2014 à Lausanne a réuni plusieurs acteurs politiques, académiques, économiques et associatifs autour de la question de la formation des seniors, à l’occasion de la sortie du livre plaidoyer de Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu. Si les participants étaient d’accord sur l’urgence des besoins, ils peinent à s’accorder sur les mesures à prendre.

« J’avoue que ce livre a un peu bousculé mes certitudes : ses constats devraient être évidents, mais ils ne m’avaient pas encore frappé, et ils n’ont pas encore pénétré tout le monde », a déclaré jeudi 18 septembre Guy Parmelin, conseiller national UDC, lors de la table ronde organisée par le PRN LIVES en collaboration avec la Fédération suisse des Universités du 3e âge, la Fondation Leenaards et la Fondation Champ-Soleil, et suivie par près de 80 personnes à l'hôtel Continental de Lausanne.

Animé par la journaliste Manuela Salvi, le débat a réuni un large consensus sur la place grandissante des aînés dans la société. « Ensemble ils forment la plus grande garderie de Suisse », a déclaré Roland J. Campiche, qui présentait son dernier ouvrage paru aux éditions Antipodes : Adultes aînés, les oubliés de la formation[1].

Le poids et le déni

Professeur honoraire de l’Université de Lausanne, Roland J. Campiche a également relevé l’apport des seniors dans les activités associatives, leur poids lors les votations et dans les conseils municipaux, et indiqué qu’en Suisse la moitié  des personnes interrogées souhaiteraient travailler plus longtemps. « Pourtant tout se passe comme si passé le rubicond de la retraite, on entrait dans une zone grise en matière de formation ». Preuve du déni, selon le sociologue: les récentes lois sur les universités et sur la formation continue ne disent pas un mot des seniors.

Plusieurs intervenants ont largement évoqué ces besoins de nouveaux apprentissages: pour se diriger dans un monde de plus en plus numérique, pour être capable d'aider des proches entrés dans le 4e âge, pour prévenir la dégénérescence  - car « le cerveau s’use quand on ne l’utilise pas », a rappelé le neurologue Yves Dunant -, pour lutter contre la dépression qui frappe les individus lors des grandes transitions – adolescence ET retraite, et dont les coûts seraient encore supérieurs à ceux de la maladie d’Alzheimer -, voire même pour « servir de vivier de main d’œuvre indigène après l’électrochoc du 9 février », a lancé de manière volontairement provocante la conseillère aux Etats socialiste Géraldine Savary, se disant « persuadée que cette discussion va naître ».

Quels moyens ?

Mais les participants ont butté sur la question des moyens. Introduire un financement public ? Créer des bases légales ? Et quelle(s) organisation(s) mettre en place ou défendre ? Dans son livre, Roland J. Campiche plaide pour une reconnaissance officielle du rôle des universités du 3e âge, accompagnée d’un soutien financier par l’Etat, qu’il évalue à 500'000 francs par an. « Il faudrait aussi dire ce que ça rapporterait comme retour sur investissement, c’est un langage que les politiques comprennent », a proposé un auditeur.

Certains se sont cependant émus du caractère jugé « élitiste » des universités du 3e âge, signalant qu’il existe d’autre voies pour se former à la retraite, voire s’y préparer : associations ou fondations (Pro-Senectute, Force Nouvelle, FAAG), universités populaires, cours Migros, etc.

Pour une nouvelle « andragogie »

Roland J. Campiche s’est insurgé contre « le mythe d’une université inaccessible », déclarant que les étudiants des Unis 3 provenaient de toutes les catégories de la société. Mais il a reconnu qu’une nouvelle forme de pédagogie reste à développer, « des pairs par les pairs », plus interactive, valorisant les compétences acquises des adultes aînés, qui pourrait même « féconder l’ensemble du système de formation ».

Enfin quelques pistes ont été proposées par les intervenants : réduire les coûts de la santé pour les aînés qui se forment, réclamer un programme national de recherche sur la thématique, professionnaliser la formation des bénévoles, considérer l’éducation comme un projet humain « allant de la naissance à la mort », favoriser les échanges intergénérationnels…

« La proportion de jeunes retraités qui s’engagent dans une formation est encore une minorité, mais il est prouvé qu’une ou deux années de plus ou de moins de formation au cours de la vie ont des effets significatifs sur la longévité », a rappelé le sociologue François Höpflinger.

600'000 babyboomers arriveront dans quelques années à la retraite. « Il faut du temps entre le constat et la mise en œuvre. C’est pourquoi le lobbysme est nécessaire », a estimé Guy Parmelin, définitivement rallié à la cause. Il disposera bientôt d'un outil pour ce faire auprès de ses collègues alémaniques : le livre de Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu paraîtra l’an prochain en allemand aux éditions Seismo.


[1]Adultes aînés, les oubliés de la formation par Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu avec la collaboration de Jacques Lanares, Sandrine Morante, Denis Berthiaume, éditions Antipodes, Lausanne, 2014
M. Oris and G. Ritschard: Sequence Analysis and Transition to Adulthood

Les "grands noms d’une petite méthode" qui monte réunis dans un livre

La région lémanique est devenue une étape clé dans le développement de l’analyse de séquence, une méthode en plein essor dans les sciences sociales : à l’Université de Lausanne et l’Université de Genève, des chercheurs rattachés au Pôle de recherche national LIVES sur les parcours de vie font partie - avec d’autres ! - des acteurs incontournables des dernières avancées, recensées dans un ouvrage édité par Philippe Blanchard, Felix Bühlmann et Jacques-Antoine Gauthier aux éditions Springer.

Pourquoi telle personne va tomber dans la précarité et telle autre y échapper ? Jusqu’à il y a quelques années, la réponse à cette question échappait aux sciences sociales, qui ne disposaient que de modèles synchroniques, appréhendant les individus à un moment donné de leur existence et non dans une perspective longitudinale. Le développement des études sur les parcours de vie, par définition diachroniques et de nature interdisciplinaire, a conduit à s’intéresser davantage aux processus, et pour ce faire s’est largement inspiré de méthodes venues des sciences dures, notamment de la biologie génétique et de la bioinformatique, pour représenter statistiquement des successions d’états et d’événements.

L’analyse de séquence permet ainsi de construire des typologies de trajectoires individuelles lors de recherches portant par exemple sur les configurations familiales, les carrières ou l’insertion professionnelles, les transitions majeures telles que le passage à l’âge adulte, à la parentalité, à la retraite, ou encore les trajectoires de migration, de santé ou de vieillissement. Cette méthode s’est également répandue hors du champ de la sociologie pour imprégner la recherche en psychologie développementale, en histoire, en démographie ou en science politique.

Ses différentes applications font aujourd’hui l’objet d’un livre dont le projet éditorial est issu d'une collaboration entre les universités de Lausanne et de Genève. Advances in Sequence Analysis : Theory, Method, Applications est le deuxième volume d’une série des éditions Springer consacrée à la recherche sur les parcours de vie et les politiques sociales - collection dirigée par les trois membres de la direction du PRN LIVES, Dario Spini, Michel Oris et Laura Bernardi.

Un projet né entre Lausanne et Genève

En 2012, une conférence à Lausanne sur l’analyse de séquences (LaCOSA) avait réuni une trentaine d’utilisateurs chevronnés de la méthode à travers le monde autour de chercheurs et chercheuses renommés, comme Cees Elzinga, Brendan Halpin ou Anette Fasang. Ses organisateurs étaient Philippe Blanchard, de l’Institut d’études politiques et internationales (IEPI), ainsi que Felix Bühlmann et Jacques-Antoine Gauthier, de l’Institut des sciences sociales, tous deux membres du Pôle de recherche national LIVES. Un tiers des participants et plusieurs orateurs étaient également liés à LIVES, notamment l’équipe du Prof. Gilbert Ritschard à l’Université de Genève, qui a développé l’outil TraMineR, spécifique à l’analyse de séquence et devenu une véritable référence pour les spécialistes.

« Comparée à d’autres méthodes, l’analyse de séquence est utilisée par une communauté relativement restreinte », explique Felix Bühlmann. « C’est pour cette raison que nous avons pu motiver les ‘grands noms de cette petite méthode’, à participer à cette conférence, puis à la rédaction d’un ouvrage collectif ».

Innovations conceptuelles

« La force de ce livre repose sur une apparente faiblesse : la méthode et les thématiques qu’il décrit trouvent rarement leur place dans les revues scientifiques car ces dernières exigent un certain formatage difficilement compatible avec les innovations conceptuelles et visuelles proposées par l’analyse de séquence », estime Felix Bühlmann.

Pour Jacques-Antoine Gautier, « la diversité des contributions réunies dans ce livre œuvre à la constitution d'une communauté méthodologique plus affirmée et offre un espace de réflexion original sur la nature de l'analyse de séquence et sa place dans les sciences sociales».

Au sein du PRN LIVES, plusieurs études sur différents groupes de personnes vulnérables se basent sur l’analyse de séquence, car elle permet de réduire la complexité des parcours individuels et d'augmenter la lisibilité des étapes et transitions qui façonnent les parcours de vie.

Et la méthode continue de faire des émules: ses meilleurs spécialistes au sein de LIVES partageront leurs connaissances avec des chercheurs et chercheuses du monde entier lors d’un workshop méthodologique le 8 octobre 2014, qui précédera la conférence annuelle de la Society for Longitudinal and Life Course Studies (SLLS), cette année à l’Université de Lausanne.

Politiques de lutte contre la pauvreté : nouveau colloque entre praticiens et universitaires

Politiques de lutte contre la pauvreté : nouveau colloque entre praticiens et universitaires

Le Département vaudois de la santé et de l’action sociale, l’Institut des Sciences sociales de l’Université de Lausanne, l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP), le Pôle de recherche national LIVES, le Centre de compétences suisse en sciences sociales FORS et la Haute école de travail social et de la santé - EESP Lausanne organisent pour la troisième fois en six ans deux journées d’échanges à Lausanne les 2 et 3 octobre 2014.

La Déclaration universelle des Droits humains considère la lutte contre la pauvreté comme une mission fondamentale de nos sociétés. En Europe, les politiques les plus connues sont celles qui visent à garantir un revenu minimum et les politiques d’insertion. Mais qu’en est-il des politiques de formation, de logement, de santé, de lutte contre l’endettement, d’aide en nature ou encore de l’enfance et de la vieillesse? Qui les organise et avec quels résultats ? Quelles sont les tendances actuelles en matière de politiques de lutte contre la pauvreté ? Ce colloque vise à débattre de ces questions d’une brûlante actualité.

  • 8 conférences plénières pour poser les termes du problème, notamment par le sociologue français Jacques Donzelot et la politologue belge Bea Cantillon.
  • 13 ateliers visant à développer une réflexion globale sur une politique et ses effets, à travers des exemples concrets, animés chacun par un·e universitaire et un·e expert·e issu·e de la pratique, de l’administration ou de la politique.

Le programme est en pièce-jointe et les inscriptions ouvertes jusqu'au 26 septembre 2014 à l'adresse: www.vd.ch/evenements-social

Photo redhumv © iStock

« L’urgence dans le travail social » : nouvel espace de réflexion pour les praticien-ne-s

La première édition de l’Université d'été des professionnel-le-s romand-e-s du travail social démarre le 1er septembre 2014 pour trois jours. Le Pôle de recherche national LIVES contribue à ce projet reliant réalités du terrain et apports académiques.

Vingt-cinq participantes et participants étaient prévus au départ. Il y en aura 30 lundi à l’ouverture de la nouvelle Université d'été des professionnel-le-s romand-e-s du travail social à l’Hôtel Mirabeau de Lausanne.

« C’est un énorme succès ! », se réjouit le Prof. Jean-Pierre Tabin, organisateur et animateur - avec les professeurs René Knüsel (UNIL) et Sophie Rodari (HES-SO) - de cette formation créée sous l’égide de la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS), de l’Association romande et tessinoise des institutions d'action sociale (ARTIAS) et d’AvenirSocial.

Les travailleuses et travailleurs sociaux inscrits proviennent de plusieurs cantons et types d’institutions - publiques et non-gouvernementales, généralistes ou spécialisées. Le thème de cette première édition est « L’urgence dans le travail social ». Le format se veut un espace de réflexion, avec une large place aux échanges, débats et travaux de groupe.

Le Pôle de recherche national « LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie » y est fortement représenté. En plus du Prof. Tabin, présent tout au long des trois jours, la Prof. Claudine Burton-Jeangros (UNIGE) donnera une conférence intitulée « Risques, vulnérabilité et logiques d’intervention », et le Dr. Pascal Maeder, responsable du transfert de connaissances, livrera un aperçu des recherches et résultats du pôle au terme de sa première période de quatre ans.

Le dernier jour, une table-ronde réunira plusieurs responsables de l’action sociale : Therese Frösch, co-présidente de la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS), Dominique Froidevaux, directeur de Caritas Genève, Françoise Jaques, cheffe du Service de prévoyance et d’aide sociales du canton de Vaud, François Mollard, chef du Service de l'action sociale du canton de Fribourg, Martine Monnat, médecin cantonal adjoint pour les populations vulnérables du canton de Vaud, et Emilie Graff, co-secrétaire générale d’AvenirSocial.

Voir le programme

Forum d'échange sur "famille en mutation et monoparentalités": le point de vue des professionnels

Forum d'échange sur "famille en mutation et monoparentalités": le point de vue des professionnels

Le 21 novembre 2014 à l'Université de Lausanne, organisé par Le Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie (PRN LIVES) et la Fédération suisse des familles monoparentales (FSFM).

Cette journée réunira des acteurs de plusieurs domaines d’action autour de la question de la monoparentalité et de ses différentes formes, des réalités complexes qui touchent un nombre croissant de familles en Suisse, posant de multiples questions et appelant des réponses circonstanciées.

Le PRN LIVES, soutenu par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, a démarré en 2012 une étude sur l’évolution des formes de ce type de famille. L’équipe de projet s’est jusqu’à présent focalisée sur les trajectoires de familles monoparentales enregistrées dans des données d’enquête, et sur les points de vue des parents concernés, récoltés dans des entretiens en profondeur. Elle souhaite maintenant entendre la voix des milieux professionnels intéressés par la problématique, afin d’identifier les forces, faiblesses, opportunités et défis qui existent dans le cadre des dispositifs entourant ces familles.

La FSFM, qui fête cette année ses 30 ans, partage ce souhait. Elle s’engage entre autres dans la formulation de propositions de mesures ciblées de politique familiale afin d’améliorer la situation des parents seuls et de leurs enfants. Elle est membre de l’organisation faîtière des familles Pro Familia Suisse.

Le Forum

Dans la première partie du forum, les groupes de discussion seront organisés par branches professionnelles : juristes, assistant-e-s sociaux/ales, praticien-ne-s de la petite enfance, milieux enseignant, pédopsychiatres, représentant-e-s des autorités publiques ainsi que du monde associatif seront appelés à débattre à l’intérieur de leur cercle de plusieurs questions modérées par un chercheur ou une chercheuse.

Nous aborderons des thèmes au cœur du fonctionnement des familles comme les différentes formes de famille et la normativité qui leur est associée; les relations parentales et intergénérationnelles ; les politiques sociales, le droit et la fiscalité ; l’emploi et l’équilibre travail-famille.

La deuxième partie du forum sera consacrée à l’approfondissement des questions soulevées en croisant les regards des différentes professions. Une synthèse en plénière conclura ces échanges, qui nourriront la réflexion ultérieure sur le besoin d’évolution des politiques sociales et les apports possibles de la recherche.

Organisation

  • Pour la Fédération suisse des familles monoparentales: Anna Hausherr, Danielle Estermann
  • Pour le PRN LIVES: Laura Bernardi, Pascal Maeder, Ornella Larenza, Emmanuelle Marendaz Colle
  • Contact: communication@lives-nccr.ch

Inscriptions

Les personnes qui souhaitent participer à ce forum peuvent s'annoncer sur le formulaire en ligne.

The Alpine Population Conference, La Thuile, Aosta Valley, Italy

The Alpine Population Conference, La Thuile, Aosta Valley, Italy

Voir la version anglaise.

Alp-Pop brings together scholars interested in population issues across several disciplines, including demography, economics, epidemiology, political science, sociology, and psychology. The conference emphasizes empirical rigor and innovation over a given topic or geographical area, and meets the challenges of interdisciplinary and international audiences.

We welcome submissions on all population issues (e.g., population dynamics, population health, migration, families and fertility, the welfare state and population policy, economic development, institutions and population, decision-making, well-being, and social dynamics, etc.), but we particularly encourage submissions that take a life-course perspective.

Submissions of original papers or extended abstracts are invited by November 1, 2014, and submitters will be notified of acceptance within the week. Submissions and inquiries should be addressed via email to: alp.pop@unibocconi.it.

The 2015 Conference will feature Ski-note presentations from Francesco Billari of Oxford University, Kelly Musick from Cornell University, and John Ermisch from Oxford University.

Alp-Pop scholars confer both formally and informally. A traditional conference program (paper and poster presentations) mixes with group activities in a world-class winter resort. The conference location, the Planibel Hotel, is on the well-known ski slopes of La Thuile and was chosen strategically for its proximity to both Geneva and Torino/Milano.

Participants are expected to seek their own funding; although, the organizers can provide some support for Ph.D. students, and such applications should indicate a request for support in their submissions. Special-rate rooms have been reserved at the conference hotel with arrival on January 24 and departure on January 28 (the conference will end late morning).

Participants will receive information on how to reach La Thuile and updates on the conference. If there is demand, we will also aim to organize child care. Please indicate whether you intend to bring children along to the conference, as well as their ages.

Organizing committee

Arnstein Aassve (Bocconi University), Laura Bernardi (Lausanne University & NCCR LIVES), Ross Macmillan (Bocconi University), Michele Pellizzari (University of Geneva & NCCR LIVES), and Domenico Tabasso (University of Geneva & NCCR LIVES).

Alp-Pop is organized by the Carlo F. Dondena Centre for Research on Social Dynamics at Bocconi University and the Swiss National Centre of Competence in Research LIVES - Overcoming vulnerability: Life course perspectives (NCCR LIVES).

Table ronde sur les "Adultes aînés: les oubliés de la formation" avec des faiseurs d'opinion

Table ronde sur les "Adultes aînés: les oubliés de la formation" avec des faiseurs d'opinion

A l’occasion de la sortie du livre de Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu aux éditions Antipodes, le Pôle de recherche national LIVES et la Fédération suisse des universités du 3e âge, en collaboration avec la Fondation Leenaards et la Fondation Champ-Soleil, organisent un mini-colloque le jeudi 18 septembre 2014 de 17h00 à 19h00 à l’Hôtel Continental, Salon Olympia, Place de la Gare 2 à Lausanne.

Voir également l'article de Roland J. Campiche sur Reiso

Un million et demi de personnes en Suisse sont aujourd’hui âgées de 60 à 85 ans. La plupart jouissent d’une bonne santé et beaucoup tentent de mettre à profit ce temps de la retraite, souvent en se mettant au service des autres, parfois aussi en continuant à développer leur esprit et leur culture.

Cette mutation fondamentale de la société contemporaine n’est accompagnée d’aucune réflexion prospective sur les adaptations nécessaires des politiques de formation, qui continuent de se concentrer exclusivement sur l’enfance et la jeunesse.

Pourtant l’importance de l’exercice du cerveau pour prévenir les effets du vieillissement a été amplement démontrée, et la nécessité de retarder l’âge de la retraite ne cesse d’être débattue. Mais ces constats ont presque toujours pour toile de fond une préoccupation financière sur les coûts médicaux et sociaux liés à l’âge.

La question de la formation, elle, reste uniquement concentrée sur les besoins du marché de l’emploi. Elle est totalement déconnectée de cette nouvelle réalité humaine qui voit de plus en plus d’adultes aptes à apprendre et à transmettre une fois leur carrière achevée, mais dont les besoins persistants d’épanouissement sont ignorés. Une véritable pédagogie tournée vers les seniors, prenant en compte leurs savoirs, compétences et expériences, reste en tout cas à inventer.

Cette « table ronde » propose d’empoigner la problématique de ce manque de priorité et de prendre la mesure des défis qui se présentent. A l’occasion de la sortie du livre Adultes aînés : les oubliés de la formation 1, des acteurs représentatifs de plusieurs domaines d’action et différentes sensibilités échangeront leur vision afin d’identifier les obstacles et permettre d’esquisser les pistes d’action possibles.

Programme

Bienvenue et introduction :

  • Dario Spini, Directeur du Pôle de recherche national LIVES – Surmonter la vulnérabilité : Perspective du Parcours de vie (PRN LIVES)

Débat :

  • Roland J. Campiche, sociologue, Prof. honoraire de l’Université de Lausanne
  • Yves Dunant, médecin, Prof. honoraire de l’Université de Genève - Département des neurosciences
  • François Höpflinger, sociologue, Prof. honoraire de l’Université de Zurich
  • Christiane Jaquet Berger, ancienne présidente du Conseil suisse des aînés
  • Guy Parmelin, Conseiller national, membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé
  • Géraldine Savary, Conseillère aux Etats, Présidente de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil des Etats
  • Guy Suchet, Directeur des affaires sociales, Fédération des entreprises romandes, Genève, Président de la Fondation Force nouvelle 

Animation :

  • Manuela Salvi, journaliste, Radio Télévision Suisse

Conclusions :

  • Philippe Terrier, Prof. honoraire de l’Université de Neuchâtel, Directeur de l’Université du 3e âge de Neuchâtel, Président de la Fédération suisse des Universités du 3e âge 

La discussion sera suivie d’un apéritif. Inscription possible en envoyant un mail d’ici le 15 septembre à communication@lives-nccr.ch

  • 1. Par Roland J. Campiche et Afi Sika Kuzeawu avec la collaboration de Jacques Lanares, Sandrine Morante, Denis Berthiaume, éditions Antipodes, Lausanne, 2014
Des centaines de visiteurs sont passés par le stand du PRN LIVES à la Nuit de la Science

Des centaines de visiteurs sont passés par le stand du PRN LIVES à la Nuit de la Science

Le Pôle de recherche national LIVES était parmi la cinquantaine d'exposants au cours du weekend des 5 et 6 juillet 2014 qui a attiré plusieurs milliers de personnes dans le parc de la Perle du Lac, où est situé le Musée d'histoire des sciences, organisateur de la manifestation avec la Ville de Genève et le soutien de l'Université de Genève.

Voir le communiqué des organisateurs et plusieurs belles photos.

L'équipe du PRN LIVES - tout spécialement des collaborateurs du Centre interfacultaire de gérontologie et d'études des vulnérabilités (CIGEV) - avait préparé un jeu sur le mode de l'émission de télévision "Attention à la Marche!", mettant en compétition deux personnes sur des questions de connaissances, dans ce cas au sujet de la population suisse. Cinquante-huit parties de "Attention à la Stat!" ont eu lieu. Comme chaque partie durait environ 7-8 minutes (installation, explications, jeu, commentaires, résultat et cadeaux), le temps de jeu cumulé sur le week-end a été de plus de 7 heures!

L'autre activité tournait autour des calendriers de vie, un outil utilisé dans la recherche sur les parcours de vie, permettant de voir les trajectoires des individus dans plusieurs domaines (résidence, famille, activité, santé) et de repérer les liens entre ces domaines.

Les visiteurs devaient deviner quelles personnalités se cachaient derrière une dizaine de calendriers, dont l'un est reproduit ci-dessous. La réponse est en annexe.

Les psychologues sociaux se retrouvent à Amsterdam pour le Meeting 2014 de leur association européenne

Les psychologues sociaux se retrouvent à Amsterdam pour le Meeting 2014 de leur association européenne

L'Association européenne de psychologie sociale tiendra son 17e congrès du 9 au 12 juillet 2014 aux Pays-Bas. Plus de 800 présentations individuelles et près de 700 posters sont au programme, y compris la recherche LIVES.

(Actualité en anglais)

The programme consists of 12 parallel sessions, including 101 symposia and 61 thematic sessions. The director of the Swiss National Centre of Competence in Research LIVES, Dario Spini, was member of the Scientific Programme Committee and several LIVES members were reviewers.

On Wednesday 9 July at 11:00 in the Symposium S09, Dario Spini will present “Social group participation, identity continuity and well-being after the loss of an intimate partner”, drawn from IP12 research. This paper written with Nadia Girardin and Davide Morselli shows how “social groups help to maintain identity continuity, which has a positive effect on well-being. Individuals who lost a partner and who participate in groups or feel continuity report greater well-being.” Continuity, which is the fact of remaining the same person over time, also moderated the effects of loss on well-being during the five years after the bereavement.

At the Poster Session 6 on Saturday 12 July, “The impact of normative climates on gender role attitudes” will be presented. It is an outcome of the LIVES 2013 Winter School on Life Course. During that week of intensive collaborative work between junior and seasoned researchers last year, participants used a social representations approach to show that “own gender role attitudes in 20 European countries are influenced by the normative climate, controlling for individual and structural context variables like family policy indicators and gender equality indices”. Véronique Eicher prepared this poster with Stephanie Glaeser, Aude Martenot (UNIGE), Sandra Penic (UNIL), Richard A. Settersten (Oregon State University), and Dario Spini.

http://www.easp2014.com

 

Une équipe LIVES impliquée dans la 17e Conférence européenne sur la personnalité

Une équipe LIVES impliquée dans la 17e Conférence européenne sur la personnalité

Du 15 au 19 juillet 2014 à l'Université de Lausanne, cet événement couvrira un large éventail de sujets liés à la personnalité: santé et bien-être, travail et psychologie organisationnelle, motivation et émotions, ainsi que bien d'autres. Des membres du projet IP7 du Pôle de recherche national LIVES sont sur le pont.

La 17e Conférence européenne sur la personnalité offrira 7 conférences plénières, 11 symposiums invités, 30 symposiums sur proposition, 24 sessions de présentations, 2 sessions de posters et 3 ateliers de pré-conférence.

Le Prof. Jérôme Rossier, chef de l'IP7 au sein du Pôle de recherche national LIVES à l'Université de Lausanne, dirige le comité local d'organisation, assisté par Dr. Marina Fiori de l'Université de Lausanne. Tous deux sont membres du comité scientifique international.

L'équipe locale d'organisation comprend également d'autres membres de l'IP7: Prof. Franciska Krings, vice-rectrice de l'Université de Lausanne, Prof. Willibald Ruch de l'Université de Zurich, ainsi que Dr. Koorosh Massoudi et Claire Johnston, doctorante, de l'Université de Lausanne.

Le mercredi 16 juillet, Claire Johnston présentera “Changes in well-being and professional change: the role of career adapt-abilities and personality traits” (changements dans le bien-être et changement professionnel: le rôle de l'adaptabilité et des traits personnels), avec Christian Maggiori et Jérôme Rossier comme co-auteurs.

Le jeudi 17 juillet, Dr. Christian Maggiori, un autre membre de l'IP7 à l'Université de Lausanne, présentera “The role of personal characteristics in an unstable professional context” (le rôle des caractéristiques personnelles dans un contexte professionnel instable), avec Claire Johnston et Jérôme Rossier comme co-auteurs.

Claire Johnston organise également une réunion de mi-journée le jeudi 17 juillet pour les doctorants et autres jeunes chercheurs, intitulée "Publishing in the European Journal of Personality: Overview & Tips" (publier dans le Journal européen sur la personnalité: survol et tuyaux) présenté par Wendy Johnson, éditrice du European Journal of Personality avec d'autres éditeurs associés.

http://www.unil.ch/ecp17/

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