Matthias Studer, lauréat du Credit Suisse Award for Best Teaching 2018

Matthias Studer a reçu le Credit Suisse Award for Best Teaching 2018

Comme vient de l'annoncer l'Université de Genève, publiant la liste de ses collaborateurs primés et ayant reçu des distinctions en 2018, Matthias Studer, ainsi que ses assistants, assistantes et postdoctorantes, se sont vus remettre, le 18 octobre dernier à Uni Mail, le Credit Suisse Award for Best Teaching 2018. Ce prix, attribué pour leur projet d’utilisation de TPs avec données aléatoires sur Moodle pour l’enseignement, récompense des actions innovantes actuellement en cours, favorisant l’apprentissage. Toutes nos félicitations à Matthias Studer et à son équipe!

Matthias Studer, titulaire d'un doctorat en Socioéconomie de l’Université de Genève a effectué un postdoc à l’Université libre d’Amsterdam. Il est en charge du cours d’introduction aux méthodes quantitatives et chercheur senior dans l’IP 214 (méthodologie) du pôle de recherche national LIVES.

Ses domaines de recherches portent sur le développement de méthodes d’analyses longitudinales pour données catégorielles et leur application pour l’étude des trajectoires familiales, professionnelles et des bénéficiaires de politiques sociales.

Matthias Studer est également l’un des développeurs de la librairie R TraMineR pour l’analyse de séquences et le mainteneur de la librairie WeightedCluster.

Récompense pour des actions innovantes

Comme on peut le lire sur le site de l'Université de Genève, le "Prix récompense des actions innovantes actuellement en cours, favorisant l’apprentissage des apprenant-e-s au sein de l’Université. En particulier, le prix peut récompenser:

  1. une innovation pédagogique menée par un-e enseignant-e ou une équipe d’enseignant-e-s. L'initiative s'inscrit dans un cursus (de formation de base, approfondie ou continue), dans un plan d’étude. Le prix est attribué à l’équipe en charge du projet.
  2. une innovation pédagogique provenant d’une initiative autonome, qui peut être en dehors d’un cursus, conduite par une personne ou une équipe (tout statut). Le prix est attribué à l’équipe en charge du projet."

Le Credit Suisse Award for Best Teaching consiste en une lettre officielle de félicitations du Credit Suisse, d'une lettre de reconnaissance signée par la vice-rectrice à l'enseignement, ainsi qu'en un montant de 10'000 francs qui peut être utilisé pour financer une communication sur le projet dans un congrès scientifique (p.ex. ICED, AIPU, EAPRIL, EARLI, etc.), ou produire une ressource contribuant à la diffusion du projet (p.ex. une vidéo de présentation du projet) ou encore pour continuer ou développer le projet.

Le Credit Suisse Award for Best Teaching  récompense uniquement des projets en cours ou déjà réalisés et est remis chaque année à l'occasion d'un événement institutionnel ou facultaire.

>> En savoir plus et poser sa candidature au Credit Suisse Award for Best Teaching
>>Les collaborateurs de l'UNIGE ayant été distingués, récompensés, nominés en 2018

The life course cube
Advances in Life Course Research - cover, vol. 38, 2018

« Le Cube du Parcours de Vie : un outil d'analyse des vies », publié dans "Advances in Life Course Research"

Cette publication* de Laura Bernardi (PRN LIVES, Université de Lausanne, CH), de Johannes Huinink (Université de Brême, D) et de Richard A. Settersten Jr (Oregon State University, USA) propose une conceptualisation du parcours de vie en tant qu'ensemble complexe de processus comportementaux, dont les interdépendances caractérisées s’étendent sur le temps, les domaines de la vie et les niveaux d’analyse.

Ce nouvel article propose un fondement cohérent et succinct, permettant de développer des théories et méthodes autour du parcours de vie et d’harmoniser la recherche sur le parcours de vie de façon interdisciplinaire. Les auteurs discutent de la nécessité d’une approche systématisée d’une théorie du parcours de vie qui intègre les concepts parallèles et en partie redondants déjà existants dans diverses disciplines.

Le «Cube» - une représentation synthétique du parcours de vie

La publication présente ensuite le Cube du Parcours de Vie (The Life Course Cube): « Le cube est un modèle synthétique du parcours de vie: les axes représentent les trois dimensions que sont le temps, les domaines et les niveaux, dans lesquels se déroulent les processus développementaux, comportementaux et sociétaux. » Le cube propose une boîte à outils qui permet de spécifier les questions de recherche et de les considérer dans leur contexte, et d’étudier les relations de causalité ainsi que les résultats de façon interdisciplinaire.

Comme l'écrivent les auteurs: « Nous souhaitons créer un fondement théorique qui serve de ligne directrice au développement de la recherche interdisciplinaire sur les parcours de vie et contribuant à intégrer et unifier cette discipline. Ainsi, les connaissances du parcours de vie dépassent les quatre « principes paradigmatiques », évoqués initialement par Glen Elder (par ex. en 1994), et indispensables au fondement d'un domaine, mais n'offrant pas une vision intégrée des processus du parcours de vie. Notre modèle intègre les principes d'Elder, mais traite les processus pertinents avec une plus grande systématique.»

Dans les annexes, Laura Bernardi, Johannes Huinink et Richard A. Settersten Jr proposent une description formelle des processus complexes qui se déroulent dans le Life Course Cube. Cette description est rédigée dans un langage suffisamment général pour englober des approches spécifiques dans un schéma théorique commun.

* https://doi.org/10.1016/j.alcr.2018.11.004
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"The Future of Work" - Congress of the Swiss Sociological Association 2019

"The Future of Work" - Congress of the Swiss Sociological Association 2019

The Institute of Sociology of the University of Neuchâtel is hosting the 2019 edition of the Congress of the Swiss Sociological Association, co-organized by the Center for the Interdisciplinary Study of Gerontology and Vulnerability NCCR LIVES and the Institute of Sociology, University of Neuchâtel and NCCR - on the move. Registration will open on February 15th.

The Institute of Sociology of the University of Neuchâtel is hosting the 2019 edition of the Congress of the Swiss Sociological Association. The theme of the event is The Future of Work. Many of our collective experiences and individual lives are organized around work. But work is changing. Technology, globalization, and new management practices are reshaping where, when, how, and how much we work. They also determine who works and who does not.  This has far-reaching social and political implications that need to be unpacked. 

Join for a three-day academic event in which we will discuss the origins, logic, and consequences of the transformation of work in contemporary societies.   

Congress:

>> Further informations

2ème Journée Romande de Psychologie Positive à Lausanne

2ème Journée Romande de Psychologie Positive à Lausanne

La 2ème Journée Romande de Psychologie Positive aura lieu le 8 février 2019 à l’Université de Lausanne sur le thème "Accompagner l'épanouissement tout au long de la vie: Modèles et interventions". Elle accueillera deux conférences plénières et deux sessions d’ateliers-réflexion.

Cette 2ème journée voit le jour sur une initiative de la Société Suisse de Psychologie Positive (SWIPPA). Elle vise à rassembler les praticien·ne·s et spécialistes actifs dans le domaine de l’éducation et de la formation, de la clinique, du monde du travail, du conseil en orientation et de carrière, de la santé, ainsi que les chercheur·e·s intéressés par la thématique.

L’objectif est de découvrir, échanger et réfléchir sur les modèles et les stratégies d’intervention possibles pour favoriser l’épanouissement des individus tout au long de leur vie, de l’enfance à l’âge avancé, en passant par la vie active.

Informations pratiques

  • Date et lieu : 8 février 2019, à l’Université de Lausanne: IDHEAP et Bâtiment Géopolis
  • Frais d’inscription (repas, pauses et apéritif inclus) :
    • Étudiant·e·s : 60.- CHF
    • Membres AREPP, HEMU, HEP Vaud, HEP Valais, Institut de Psychologie de l’UNIL, LIVES, SWIPPA : 100.- CHFs
    • Autres participant·e·s : 150.- CHFs

Programme

  • 08h45-09h15 - Accueil et retrait des badges d’inscription (Foyer de l’IDHEAP)    

    09h15-09h30 - Mot de bienvenue (Aula de l’IDHEAP)

  • 09h30-10h30 - Positive clinical interventions for promoting well-being in childhood and old Age (Aula de l’IDHEAP)

 Chiara Ruini – Université de Bologne

Quel rôle le bonheur et le bien-être jouent-ils au travail? Qu'en est-il de l'engagement? Quelle est la relation entre ces notions et la performance? Comment pouvons-nous mobiliser, pratiquer et développer une communauté de travailleurs exceptionnels, en utilisant des facteurs de motivation positifs? Cette conférence synthétisera les ouvrages existants sur la psychologiepositive organisationnelle, les études et les courants de pensées, pour proposer une modèle simple d'organisation positive. Par ailleurs, nous examinerons une série d'indicateurs de performance et les solutions organisationnelles qui leur correspondent, pour initier et conserver un changement positif, en nous basant sur des exemples concrets.

  • 10h30-11h00  - Pause-café (Foyer de l’IDHEAP)
  • 11h00-12h30  – Première session d’ateliers   Bâtiment Géopolis

Atelier 1 : Développer la gratitude chez les enseignants pour favoriser leur épanouissement et leur bien-être ? (GEO-2207) 

Atelier 2 : Atelier pratique du yoga et de la gratitude pour une activation des ressources personnelles et interpersonnelles (GEO-2879)

Atelier 3 : Donner un sens à sa vie et à son travail : Réflexions et pistes d’intervention (GEO-2208)

Atelier 4 : Renforcer l’employabilité des NEETs : Présentation d'une intervention innovante (GEO-2224) 

Atelier 5 : Boîte à outils pour la régulation des émotions positives : entraînement et jeux pour des enfants et adolescents d’âge scolaire avec ou sans troubles du développement (GEO-2235)

Atelier 6 : Introduction à la psychothérapie centrée sur les émotions (GEO-2235) 

  • 12h30-14h00 – Repas de midi (Caféteria de Géopolis)

  • 14h00-15h30 – Deuxième session d’ateliers (Bâtiment Géopolis)

Atelier 7 : L’esprit de gratitude : théorie et pratique (GEO-2207) 

Atelier 8 : Vers une intimité joyeuse : Bienfaits et outils tirés de la psychosexologie positive (GEO-2208) 

Atelier 9 : La vie comme un voyage : une métaphore narrative pour identifier ses ressources (GEO-2224) 

Atelier 10 : Le pitch au service de l’entrepreneuriat de soi (GEO-2230) 

Atelier 11 : L’influence de la psychologie positive sur notre façon de penser et de voir les choses (GEO-2235) 

  • 15h30-16h00 – Pause-café

  • 16h00-17h00 – Construire des organisations positives (Foyer de l’IDHEAP)

 Ilona Boniwell – I-MAPP, Université Anglia Ruskin
Quel rôle le bonheur et le bien-être jouent-ils au travail? Qu'en est-il de l'engagement? Quelle est la relation entre ces notions et la performance? Comment pouvons-nous mobiliser, pratiquer et développer une communauté de travailleurs exceptionnels, en utilisant des facteurs de motivation positifs? Cette conférence synthétisera les ouvrages existants sur la psychologie positive organisationnelle, les études et les courants de pensées, pour proposer un modèle simple d'organisation positive.

Par ailleurs, nous examinerons une série d'indicateurs de performance et les solutions organisationnelles qui leur correspondent, pour initier et conserver un changement positif, en nous basant sur des exemples concrets.

17h00-17h15 – Conclusion (Aula de l’IDHEAP)

17h15  – Apéritif (Foyer de l’IDHEAP) 

 Comité scientifique et organisationnel

Avec le soutien du FNS, de la HEMU, de la HEP Vaud, de la HEP Valais, du PRN LIVES et de l'Institut de psychologie de l'Université de Lausanne

Affiche de la conférence

Conférence "Jeunesse vulnérable: quelle intégration? Dans quelle société?"

Quels sont les effets des dispositifs d’insertion dédiés aux jeunes ? Comment promouvoir leur participation au sein de l’économie, de la société et de la sphère publique plus généralement? Cette conférence, organisée le 25 janvier prochain dans le cadre du projet de recherche Re-InVEST (UE Horizon 2020), avec le soutien du SEFRI et du NCCR LIVES, entend croiser les regards sur la question de l’insertion et de la participation des jeunes vulnérables en donnant la parole à des chercheurs, des acteurs de l’administration, de la société civile et de la politique locale, sans oublier la voix des jeunes eux-mêmes.

«Jeunes en rupture», «en décrochage» ou encore «en difficulté», on ne manque pas de mots pour qualifier la problématique d’une jeunesse vulnérable qui peine à trouver sa place au sein de l’école, du marché du travail et de la société. A Genève, les initiatives se sont multipliées et de nombreux acteurs publics et privés se sont mobilisés dans le développement de nouveaux dispositifs de prise en charge visant à favoriser la transition école-métier. Si la nécessité de tels  dispositifs bénéficie aujourd’hui d’un large consensus politique, cette conférence a pour objectif de questionner leur contribution sous l’angle de la participation. Nous nous demanderons ainsi quelles modalités d’insertion sont promues et comment équiper les jeunes vulnérables face aux attentes du monde du travail.

Mais nous nous demanderons aussi dans quelle mesure cette insertion tient compte de leurs aspirations et de leurs points de vue. La prise en compte de ces deux dimensions constitue un défi démocratique pour promouvoir la citoyenneté et la participation des jeunes au sein de l’économie, de la société et de la sphère publique plus généralement.

  • Date: 25 janvier 2019
  • Lieu: Bd du Pont-d’Arve 40, 1205 Genèv, Uni Mail, salle MS150
  • Entrée libre, sur inscription

ECSR Conference 2019: Inequality over the life course - Call for papers

The European Consortium of Sociological Research (ECSR) holds its 2019 annual conference at the University of Lausanne in Switzerland on 12-14 September 2019. The theme of the conference is: Inequality over the life course. Submissions are now open, and the deadline is February 28, 2019.

The conference is organized by the Swiss National Centre of Competence in Research LIVES, with the support of the Institute of Social Sciences (ISS) of the University of Lausanne, the Centre CIGEV of the University of Geneva and the Swiss Centre of Expertise in Social Sciences (FORS). 

While there is a particular interest for papers or posters that address this theme, we also welcome submissions on all relevant areas of sociological research.

All submissions are subject to peer review by the programme committee. Authors will be informed about the committee decision by 10th April 2019. Registration is then open until 15th May 2019.

If your paper or poster is accepted for presentation, the following conference fees will apply (in Swiss francs CHF):
  • PhD student from a ECSR member institution: 165 CHF  (~150 €*)
  • PhD student from a non-member institution: 200 CHF  (~180 €*)
  • Post-doctoral researcher from a ECSR member institution: 280 CHF  (~250 €*)
  • Post-doctoral researcher from a non-member institution: 360 CHF  (~320 €*)
    * prices in Euros may vary based on the exchange rate

The conference fee includes all the coffee breaks, lunch on all three days, welcome drinks and snacks on Thursday evening as well as the conference dinner on Friday evening.

>> Provisional programme

Couverture "Trabajo y Hogar"

Le livre “Trabajo y hogar » de Núria Sánchez Mira vient de sortir

Le livre, “Trabajo y hogar: un análisis de género y clase en un contexto de crisis” (Travail et ménage: une analyse de genre et classe dans un contexte de crise) de Núria Sánchez Mira a été présenté à Barcelone ce mois. Il expose une synthèse de sa thèse doctorale sur la division sociale et sexuelle du travail en Espagne dans l’histoire récente.

Le livre de Núria Sánchez Mira, chercheuse post-doc au PRN LIVES et assistante de recherche à l’Institut des sciences sociales (ISS) a été présenté le 13 novembre dernier à  Barcelone. Il est paru grâce au Prix Ángel Rozas à la Recherche en Sciences Sociales de la Fondation Cipriano García, que la chercheuse avait gagné en 2016 en Espagne avec sa thèse doctorale. Cette récompense consiste dans la publication d’un livre du projet gagnant. L’ouvrage expose ainsi une synthèse de la thèse doctorale de la chercheuse espagnole.

« Travail et ménage »  approfondit l’étude de la division sociale et sexuelle du travail en Espagne au cours de la période historique récente. Il explique les changements survenus dans la manière dont les ménages organisent la participation de leurs membres au marché du travail pendant une période d’importantes transformations économiques, politiques, démographiques et sociales. Et la chercheuse y analyse les implications de ces changements pour les rapports de genre au sein du ménage.

Formes prédominantes de division du travail 

« Travail et ménage » décrit les différentes formes prédominantes de division du travail au niveau des ménages dans une Europe élargie, en soulignant les changements survenus en Espagne pendant la période d’expansion économique, ainsi que le fort impact de la crise. La manière dont les couples organisent l’emploi et le travail domestique et de soins varie d’une classe sociale à l’autre. Comme l'explique l'auteure: "C’est dans la classe ouvrière que le modèle « male breadwinner-female caregiver » est encore le plus répandu. Cependant, c’est précisément entre ces couples que l’on observe de plus en plus de changements, tant au niveau des pratiques que du symbolique."

Remise en question des rôles traditionnels

L’idéal de pourvoyeur (provider) principal masculin est en déclin, ce qui se voit notamment dans les imaginaires et engagements matériels changeants des nouvelles générations de femmes. La crise de l’emploi a renforcé cette tendance, transformant par nécessité de nombreuses femmes en principales pourvoyeuses des ressources de leurs ménages, remettant en question la représentation des rôles traditionnels, tout en créant de nouveaux rapports de pouvoir entre les sexes dans la répartition des travaux.

Alors que les femmes sont les protagonistes des transformations, les hommes restent, dans une plus ou moins grande mesure, à l’arrière-plan, entre la normalisation, la perplexité, la résignation et la résistance.

>> Commander le livre 

 

 

Laura Bernardi, nommée présidente du Conseil scientifique de l'INED

Félicitations à Laura Bernardi, nommée présidente du Conseil scientifique de l’INED

Depuis aujourd’hui, la Prof. Laura Bernardi préside le Conseil scientifique de l’Institut national d’études démographiques français.

C'est aujourd'hui que la Prof. Laura Bernardi, professeure de sociologie et démographie à l’université de Lausanne qui dirige le CCI1 et est membre des IP201 et IP208 du PRN LIVES, va présider pour la première fois la séance du jour du Conseil scientifique de l’Institut national d’études démographiques français (INDED), dont elle était déjà membre.

Le Conseil scientifique est composé de représentants d’organismes de recherche ou d’études, ainsi que de personnalités extérieures à l’institut, telle que Laura Bernardi, choisies « en raison de leur compétence dans le domaine de la population ou dans des disciplines connexes à la démographie ». Il a pour mission l’évaluation des orientations scientifiques de l’institut et de donner un avis consultatif sur la politique de l’établissement ou toute question touchant à l’activité scientifique ainsi qu’aux profils de recrutement de nouveaux chargés de recherche.

Rappelons que les missions de l’institut sont l’étude des populations de la France et des pays étrangers, la large diffusion des connaissances produites ainsi que le concours à la formation à la recherche et par la recherche. A ces fins, l’INED mobilise un large éventail de disciplines: anthropologie, biologie, économie, épidémiologie, géographie, histoire, sociologie,. A travers ses 11 unités de recherche, l’institut encourage les échanges et conduit de nombreux projets de recherche européens ou internationaux.

Toutes nos félicitations pour cette nomination!

Table ronde du Colloque "Innovation et intervention sociale," 21.11.18, Haute école de travail social de Genève, ©NCCR LIVES

Discussions encourageantes pour la création d’un laboratoire d’innovation sociale au sein de LIVES

Près de 100 personnes ont participé le 21 novembre dernier au Colloque international « Innovation et intervention sociales : une recherche d’impact dans les domaines du travail social et de la santé ». Organisé à la Haute école de travail social de Genève, cet événement proposait des conférences et ateliers sur le thème de l’innovation sociale et, surtout, une plateforme d’échanges entre professionnel·le·s engagé·e·s dans diverses formes d’action et chercheur·e·s travaillant dans les domaines du travail social et de la santé.

Organisé par la mission de transfert des connaissances du Pôle de recherche national LIVES, avec le soutien de la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-S0), ce colloque a approfondi le thème de l’innovation sociale avec des expert·e·s provenant de Suisse et du Canada.

Anne Parpan-Blaser, professeure à la Haute école spécialisée du Nord-ouest de la Suisse (FHNW), a présenté l’innovation sociale comme un concept-pont entre production et utilisation des connaissances scientifiques et pratiques, tout en relevant les défis et les conditions qui se posent à la construction de cette passerelle. Elle a notamment aussi renvoyé à la problématique qui se pose à l’innovation sociale face à la population à laquelle elle s’adresse: personnes vulnérables dont les besoins sont pris en compte par la recherche, toutefois sans garantie d’une amélioration de leur situation malgré cet investissement scientifique.

Appel à une innovation sociale innovatrice et solidaire

Cette problématique a d’ailleurs été relevée d’emblée lors de l’ouverture du colloque par le directeur du PRN LIVES, Dario Spini, la vice-rectrice de la HES-SO, Christine Pirinoli, et la directrice de la Haute école de travail social de Genève, Joëlle Libois, qui, elle, a appelé à soutenir de l’innovation sociale qui soit à la fois innovatrice et solidaire.

Au cours des ateliers et conférences du colloque, cette problématique est restée au centre des débats. Pour les trois expert-e-s québécois-e-s de l’innovation sociale, les professeur-e-s Mélanie Bourque, Christian Jetté et Jacques Caillouette, membres du Centre de recherche sur l’innovation sociale (CRISES), ce sont les mouvements sociaux qui déclenchent le processus de l’innovation sociale et amènent ainsi des résultats tangibles pour les populations ciblées par la recherche. Ce modèle dit bottom-up a été partagé par certain-e-s intervenant-e-s des ateliers qui y voyaient aussi une manière de respecter les droits sociaux des récipiendaires de prestations sociales.

Impliquer les personnes vulnérables

Un avis partagé par les participant-e-s de la table ronde, dont le Conseiller d’Etat genevois Thierry Apothéloz, Philippe Cotting de l’Association REPER à Fribourg, Corinne Hutmacher-Perret de la Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS), Jacques Laurent du Service d'accompagnement et d'hébergement de l'adulte du Canton de Neuchâtel, ainsi que Véréna Keller d’Avenir Social. En fin de compte, comme l’a d’ailleurs noté Thierry Apothéloz, l’innovation sociale ouvre également la voie à la participation de segments et groupes de la population usuellement en marge de la société. En œuvrant avec ce type de population, la recherche et l’innovation accroissent non seulement les connaissances pour améliorer l’accompagnement social, mais soutiennent également la cohésion sociale. Cela en impliquant les personnes vulnérables dans un travail qui à priori leur semble très lointain de leurs soucis au quotidien.

"Understanding Social Dynamics: 20 Years of the Swiss Household Panel", Special issue 2020, Swiss Journal of Sociology - delay: 20th December 2018

To celebrate 20 Years of the Swiss Household Panel, the Swiss Journal of Sociology publishes a special issue on the topic "Understanding Social Dynamics: 20 Years of the Swiss Household Panel". The deadline to submit an abstract (proposing an idea for an article) has now been extened until the 20th December 2018.

In 2019, the Swiss Household Panel celebrates its 20th Birthday. On this occasion, we invite for contributions to an anniversary issue of the Swiss Journal of Sociology. The contributions should focus on social dynamics and make use of the longitudinal character of the panel data.

Panel studies have unique analytical advantages. They are essential to understand processes of mobility and inertia. In particular they make it possible to: (a) measure and analyse social change; (b) distinguish between permanent and transitory characteristics of a given phenomenon; and (c) study both intergenerational and intragenerational patterns of phenomena such as poverty, income dynamics, health conditions and practices or political positioning. In addition, they allow researchers to establish (robust) causal relationships between social phenomena. Household panels also allow for intra-household studies, such as the study of mutual influence of household members’ attitudes and behaviours over time. Panel data are therefore important for both academic research and for monitoring and evaluating policies.
For the special issue “Understanding Social Dynamics” of the Swiss Journal of Sociology, we welcome substantive contributions from different conceptual and theoretical horizons, addressing topics such as education, employment, material reward, health, social networks, integration, political behaviour, or attitudes and values. Comparative analyses based on the Cross-National Equivalent File (CNEF) are particularly welcome.
Please submit your proposal for a contribution to Robin Tillmann (robin.tillmann@fors.unil.ch) by 20 December 2018. 
Refugee Routes - Somalia, 29.11.2018, Bern

REFUGEE ROUTES: soirée d'information sur la Somalie

Pour la première fois en Suisse alémanique, à Berne, la prochaine soirée «Refugee Routes» organisée le 29 novembre portera sur la Somalie.

Les soirées REFUGEE ROUTES, organisées par l’OSAR avec le soutien du Pôle de recherche national LIVES, ont pour but de mieux comprendre la situation des réfugiés en Suisse, les raisons qui les ont poussés à l’exil et leurs conditions d’accueil en Suisse. Elles s’adressent à toute personne intéressée, en particulier dans les milieux associatifs et institutionnels.
Cette soirée d'information aura lieu en allemand. Veuillez consulter la version allemande de cette actualité pour d'autres détails.

>> Inscription obligatoire (jusqu'au 23.11.2018)

Cover Vol. 10 : Sequence Analysis and Related Approaches (Ed. Springer, 2018)

Un nouvel ouvrage des Springer Series: «Sequence Analysis and Related Approaches, Innovative Methods and Applications»

Le 10ème volume de la Série (en anglais seulement) "Life Course Research and Social Policies", publié par NCCR LIVES aux éditions Springer vient de sortir et est désormais disponible en Open Access. Une mine d'outils et informations pour les scientifiques des domaines sociaux s'intéressant à l'analyse quantitative des parcours de vie, et pour ceux travaillant en sociologie, démographie, économie, santé, psychologie, politiques sociales et statistiques!

Le dixième ouvrage,intitulé «Sequence Analysis and Related Approaches, Innovative Methods and Applications», édité par Gilbert Ritschard et Matthias Studer, tous deux affiliés à NCCR LIVES et à la Geneva School of Social Sciences University de Genève, est désormais disponible en mode Open Access.

Ce nouvel ouvrage apporte des méthodes novatrices et des applications originales d’analyse de séquence (AS) et des méthodes appropriées d’analyse de données longitudinales décrivant les parcours de vie: trajectoires professionnelles, familiales ou de santé ou emploi du temps. Il porte une attention toute particulière à l’utilisation combinée d’AS et d’autres méthodes appropriées pour les données longitudinales, ainsi qu’aux alternatives à l’AS classique consistant à élaborer des typologies de séquences à partir de disparités entre paires de séquences.

Combiner l'analyse de séquence avec d'autres méthodes

Outre les deux articles généraux (Courgeau; Eerola) dans la Partie I, cinq autres démontrent les avantages de combiner l’AS avec d’autres méthodes pour saisir la dynamique des trajectoires. L’AS est combinée avec des modèles de survie (Malin and Wise; Lundevaller et al.; Rossignon et al.), de l'analyse quali-quantitative comparée (QCA) (Borgna and Struffolino) et avec des modèles cachés de Markov (Helske et al.). Parmi les autres contributions méthodologiques, trois concernent le cadre classique de l’AS. Deux d’entre elles ouvrent des voies novatrices de calcul des dissimilitudes entre les séquences (Collas; Bison and Scalcon) et un regroupement flou des séquences basé sur les caractéristiques (Studer). Les autres présentations méthodologiques traitent d’approches alternatives qui ne se fondent pas sur la disparité. A savoir les réseaux de séquences (Cornwell; Hamberger), les regroupements basés sur l’utilisation des chaînes de Markov (Taushanov and Berchtold) et la mesure de la qualité ou de la précarité des séquences individuelles (Manzoni et Mooi-Reci; Ritschard et al.).

L’utilité de l’AS et les développements méthodologiques proposés sont illustrés au fil de l’étude par plusieurs cas de parcours de vie, tels les trajectoires professionnelles genrées (Malin and Wise), la participation au marché du travail des femmes en Allemagne (Borgna and Struffolino), la relation entre la participation au marché du travail et les autres domaines de la vie (Helske et al.), la manière dont les trajectoires passées affectent les chances de congé parental en Suisse (Rossignon et al.), la mortalité des personnes handicapées au XIXe siècle en Suède (Lundevaller et al.), l’utilisation du temps pendant une journée type dans les couples à deux revenus en Italie (Bison et Scalcon), les schémas de mobilité au Togo (Hamberger), la dépendance à Internet en Suisse (Taushanov et Berchtold), la qualité des carrières professionnelles après une première période de chômage (Manzoni and Mooi-Reci) et la transition de l’école au travail (Studer; Ritschard et al.).

Une mine d'informations

Cet ouvrage offre ainsi une mine d’informations aux scientifiques des domaines sociaux s’intéressant à l’analyse quantitative des parcours de vie et à toutes les personnes qui travaillent dans l’univers de la sociologie, de la démographie, de l’économie, de la santé, de la psychologie, des politiques sociales et des statistiques.

Le Pôle de recherche national Suisse LIVES se réjouit par ailleurs que cinq chapitres de cette publication soient des contributions de chercheurs de LIVES:

Springer series on "Life Course Research and Social Policies" in open access

This Series invites academic scholars to present theoretical, methodological, and empirical advances in the analysis of the life course, and to elaborate on possible implications for society and social policies applications. Thanks to the NCCR LIVES funding, all those books are published in open access. The Series editors are Laura Bernardi, Dario Spini and Jean-Michel Bonvin.

Submit your book proposals!

Ideas and proposals for additional contributions to the Series should be sent to laura.bernardi@unil.ch.>> Already published

>> Ritschard, G; Studer, M. (eds) (2018). Sequence Analysis and Related Approaches Innovative Methods and Applications. Cham, Switzerland:, Springer, Life Course Research and Social Policies, Vol. 10
>> Télécharger le livre (pdf)

 

April 1 - 5, 2019 - LIVES WINTER SCHOOL, VENICE (I)

5th LIVES WINTER SCHOOL ON LIFE COURSE - FINAL DEADLINE DECEMBER 14!

The fifth edition of the LIVES Winter School (April 1 - 5, 2019) is the first organized in collaboration with Venice International University (on its campus of Isola di San Servolo) and led by the two VIU member universities: the University of Lausanne and the University of Padua. In particular, the Winter School 2019 will focus on training the participants in the production of journal articles as a fundamental aspect of the academic career they are approaching: with a “learning by doing” approach, they will prepare collaborative articles going through all stages of the research process, heading towards a joint publication as a medium-term follow-up. Register now, last places available! Final deadline: December 14, 2018

During an intensive one-week program, doctoral students and young researchers will work on various fields of Life Course research through a multidisciplinary approach (Sociology, Psychology, Social Psychology, Life-span Psychology, Social Demography and Social Policies) on vulnerability across the life course. The School first targets PhD students, but Post-doc researchers are also eligible.

Affiliated institutions
  • Bremen International Graduate School of Social Sciences (BIGSSS), University of Bremen & Jacobs University (D)
  • Hallie Ford Center for Healthy Children & Families, Oregon State University (USA)
  • Centre for Population, Aging and Health, Western University (CA)
  • Ageing and Living Conditions Programme (ALC)
  • Faculty of Social Sciences, KU Leuven (BE)

On-line application

Final deadline: December 14, 2018 on the VIU website
>> Apply
>> Program and practical informations

Venice International University
Isola di San Servolo
30100 Venice - Italy
Tel. +39 041 2719 511
Fax +39 041 2719 510
e-mail: summerschools@univiu.org 

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Innovation et intervention sociales : une recherche d’impact dans les domaines du travail social et de la santé

Colloque international le 21 novembre 2018 à la Haute école de travail social (HES-SO) de Genève, avec des conférences de Anne Parpan Blaser (FHNW) et de Jacques Caillouette (Université de Sherbrooke), Mélanie Bourque (Université du Québec en Outaouais) et Christian Jetté (Université de Montréal), ainsi que deux ateliers de réflexion et une table ronde réunissant des intervenants de divers horizons.

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L’intervention sociale et sanitaire s’effectue à la croisée des accompagnements individuels et collectifs. Elle s’articule en outre à l’échelle institutionnelle et territoriale. De ce fait, elle réunit une grande variété d’acteurs·trices professionnel·le·s (personnel de premier recours, de formation, de recherche, etc.), des récipiendaires confronté·e·s à toutes sortes de questions sociales et de santé, et dépend également de décisions du législateur, des moyens financiers à disposition et des modes de gestion.

Si l’on considère que l’innovation sociale « peut être définie comme le développement et la mise en œuvre de nouvelles idées (produits, services et modèles) pour répondre à des besoins sociaux et créer de nouvelles relations ou collaborations sociales » (Guide de l’innovation sociale, Commission européenne, 2013), l’intervention sociale et sanitaire peut être considérée comme un champ d’expertise indispensable à la production de nouvelles réponses aux défis sociaux contemporains qui concernent les personnes vulnérables tout au long de leurs parcours de vie : le care, les coûts de la santé, les inégalités sociales et le cumul des désavantages, l’emploi précaire ou atypique, le burnout et la santé au travail, le vieillissement, l’éclatement familial, etc. Ce colloque international questionne dès lors l’apport de l’intervention sociale et sanitaire à l’innovation sociale à travers trois volets:

1. Contours

Le premier volet consistera à donner un éclairage conceptuel pour tenter de définir les contours de l’innovation sociale. Nous le ferons en mettant l’accent sur les processus de l’innovation sociale, notamment en matière de participation des professionnel·le·s, mais aussi des récipiendaires dans des institutions et des territoires circonscrits. Ces personnes se situent à différents points de l’espace social qu’il s’agit de saisir collectivement pour que de nouvelles solutions concrètes puissent émerger. En matière d’innovation sociale, il est en effet tout aussi important de valoriser les processus que les résultats, car les modalités de mise en œuvre doivent permettre de développer le pouvoir d’agir des individus et de renforcer les liens sociaux des collectifs mobilisés. Faut-il comprendre ces processus comme des vecteurs de démocratisation transformative pour le bien commun ? Ces enjeux seront développés par des spécialistes de l’innovation sociale.

2. Processus

Le deuxième volet apportera un regard réflexif sur les processus vécus par les différent·e·s acteurs·trices. Comment fonctionne le collectif d’innovation sociale ? Quelle entente entre les multiples acteurs et actrices ? Comment les différentes expertises (scientifiques, professionnelles et usagères) se combinent-elles ? Du point de vue de la recherche en sciences humaines et sociales, la perspective du parcours de vie permet-elle d’obtenir des résultats novateurs significatifs sans péjorer les droits fondamentaux de personnes vulnérables ? Comment l’intervention sociale se nourrit-elle de cette approche qui met en relief l’interdépendance des domaines de vie et des normes qui gouvernent les ressources sociales, économiques, psychologiques et physiologiques ? Comment peut-elle intégrer des méthodes longitudinales attentives aux temporalités des vulnérabilités ? Quel peut être l’apport des Living Labs pour reconnaître et formaliser la réalisation d’un projet innovant ? Ces questions, et bien d’autres, seront discutées par des spécialistes.

3. Enjeux

Enfin, le colloque entend interroger les enjeux des processus d’innovation sociale, leurs financements et leurs évaluations. A qui incombe la tâche de valider une innovation sociale ? Selon quels critères et dans quelle temporalité ? Ce type de questionnements interroge la légitimité de l’intervention sociale et sanitaire, mais également le soutien financier et l’institutionnalisation de l’innovation sociale. Le besoin d’intervention dépend en effet fortement de la perception du problème social et de son cadre institutionnel. En Suisse, outre les trois niveaux de compétence étatique et les règles du marché liées à l’économie capitaliste, ce processus est ancré dans un débat idéologique dont les termes doivent être objectivés. C’est en favorisant le dialogue entre les différents acteurs et actrices concerné·e·s que ce troisième volet du colloque sera développé à travers une table ronde.

Programme

Accueil
  • 09h00-09h30 Réception des participant·e·s
  • 09h30-09h35 Ouverture du colloque
  • 09h35-09h50 Mots de bienvenue
  • Joëlle Libois, Directrice de la Haute école de travail social Genève (HETS-GE)
  • Christine Pirinoli, Vice-rectrice Recherche & Innovation, Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO)
  • Dario Spini, Directeur du Pôle de recherche national LIVES
Conférence
  • 09h50-10h35
  • Anne Parpan-Blaser, Haute école spécialisée du Nord-ouest de la Suisse (FHNW)
    L’innovation sociale – Un concept-pont entre production et utilisation des connaissances
  • 10h35-11h00 Pause
Atelier de réflexion
  • 11h00-12h30 L’innovation sociale en action I : le défi de la collaboration

    (présentation en tandem équipe de recherche/partenaire du terrain ou récipiendaires) 

Modération : Olivier Grand, HES-SO

  • Les situations dites complexes des personnes en situation de handicap : plaisir et souffrance dans le travail éducatif
    Toni Cerrone, HETS & Sa | EESP | Lausanne & Pascal Devaux, Fondation Perceval, St-Prex

  • Roms en cité : témoignages, participation et politiques publiques
    Monica Battaglini, HETS-GE & Cera Moaca, Pôle Médiation Intercommunautaire à CARITAS

  • La recherche participative comme méthode pour travailler avec des populations vulnérables et d’impact social à partir des exemples des projets « Encore ! Des histoires ! Évaluation participative du projet pilote de « LivrEchange » et « La parentalité en situation de toxicodépendance dans le canton de Vaud »
    Annamaria Colombo, HETS-FR & Cynthia Pedrazzini, Café des Mamans

  • 12h30-13h30 Pause de midi – repas
Atelier de réflexion
  • 13h30-15h00 L’innovation sociale en action II : le défi du développement
    (présentations en tandem équipe de recherche/partenaire du terrain ou récipiendaires)
  • Le non-recours aux prestations sociales à Genève
    Alain Bolle, CSP Genève/Dominique Froidevaux, Caritas Genève & Barbara Lucas, HETS-GE

  • Cause Commune : Méthodologie de politique d’action sociale communale de Chavannes-près-Renens
    Dario Spini / Emmanuelle Anex, PRN LIVES & Alain Plattet, Commune de Chavannes-près-Renens

  • IncuPA, étude de faisabilité d’un incubateur de projets en faveur du soutien aux proches aidant∙e∙s
    Sandrine Pihet/Noémie Pasquier, HEdS-FR & Jean-Jacques Monachon, Service de la santé publique de canton de Neuchâtel

  • 15h00-15h30 Pause
Conférence
  • 15h30-16h30
  • L'expérience du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) au Québec: apports pratiques et théoriques d’un concept heuristique
    Jacques Caillouette, Université de Sherbrooke, responsable au CRISES de l’axe sur les innovations sociales dans les politiques et pratiques sociales; Mélanie Bourque, Université du Québec en Outaouais, membre du CRISES; Christian Jetté, Université de Montréal, membre du CRISES

Table ronde
  • 16h30-17h45
        • « Centre d’innovation sociale » de LIVES, défis et perspectives
          Modération : Jean-Pierre Tabin (HETS&Sa | EESP)

Participant·e·s (entre autres):

  • Thierry Apothéloz, Conseiller d’Etat, Genève
  • Philippe Cotting, Association REPER, Fribourg
  • Corinne Hutmacher-Perret, Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS), Berne
  • Jacques Laurent, Service d'accompagnement et d'hébergement de l'adulte (SAHA), Canton de Neuchâtel
  • Véréna Keller, AvenirSocial, Berne

Informations pratiques

Lieu

Haute école de travail social (HES-SO) de Genève, auditoire E007 (Bâtiment E), Rue Pré-Jérôme 16, 1205 Genève
Plan du quartier : https://www.hesge.ch/hets/contact-0

Inscriptions - il n'est plus possible de s'inscrire

Frais d’inscription: 10 francs payables sur place

Comité d'organisation

  • Milena Chimienti
  • Pascal Maeder (contact)
  • Christian Maggiori
  • Stéphane Rullac
Augmentation spectaculaire de la main d'oeuvre étrangère hautement qualifiée en Suisse

La main d'œuvre étrangère hautement qualifiée a plus que doublée en 25 ans en Suisse

Dans un article pour la revue "Social Change in Switzerland", Philippe Wanner et Ilka Steiner montrent l’évolution des flux migratoires vers la Suisse durant les 25 dernières années. C’est l’immigration de main d’œuvre hautement qualifiée qui a augmenté de façon spectaculaire. L’analyse des deux chercheurs est fondée sur plusieurs bases de données originales et montre le rôle prépondérant joué par l’évolution du marché du travail dans ces changements, comme le détaille un communiqué de presse.

Depuis le début du 21e siècle, la Suisse a connu un fort accroissement de son solde migratoire. En parallèle, la composition des flux migratoires s’est modifiée drastiquement avec un nombre de migrants hautement qualifiés qui a plus que doublé entre 1991 et 2014. En utilisant de nouvelles données, Philippe Wanner et Ilka Steiner montrent que les nouveaux migrants possédant une formation tertiaire sont passés de 30'000 en 1991 à 40'000 dès 2000 et à plus de 60'000 après 2007. Aujourd’hui, les migrants hautement qualifiés représentent la moitié des entrées annuelles.

L’immigration de personnels hautement qualifiés ne s’observe pas avec la même intensité pour les différentes nationalités. Sur la base d’une nouvelle enquête, les auteurs montrent que la part des migrants hautement qualifiés dépasse les 80% pour les ressortissants de la France et du Royaume-Uni. Elle atteint deux tiers pour les migrants provenant de l’Allemagne et de l’Autriche, mais n’est que de 24% pour les nouveaux migrants du Portugal. Au cours des dernières années, les Espagnols et Italiens notamment ont connu de profonds changements dans la composition des flux migratoires. Ils dénombrent aujourd’hui plus de 50% de personnes hautement qualifiées, alors qu’historiquement ces flux étaient composés de personnes plutôt faiblement qualifiées.

La croissance de la migration hautement qualifiée s’explique par la demande du marché du travail suisse. Les nouvelles données montrent que plus de la moitié des immigrants européens hautement qualifiés avaient un contrat de travail en Suisse avant leur arrivée dans le pays. Cependant, les auteurs rappellent que la migration internationale n’a joué qu’un rôle secondaire dans la réponse aux besoins du marché du travail. Entre 2010 et 2013, elle a permis de combler moins de 30% de la demande de travailleurs ayant une formation tertiaire. De nouvelles générations de jeunes natifs de la Suisse, mieux qualifiés que leurs aînés, ont joué le rôle prédominant à ce propos.

>> Wanner, Philippe et Steiner, Ilka (2018). Une augmentation spectaculaire de la migration hautement qualifiée en Suisse. Social Change in Switzerland No 16. Retrieved from www.socialchangeswitzerland.ch

Contact : Ilka Steiner, 078 610 36 31, Ilka.Steiner@unige.ch

Prof. Marieke van den Brink, Radboud Univer­sity Nijmegen (NL)

LECTURE: GENDER PRACTICES IN RECRUITMENT AND SELECTION IN ACADEMIA, Prof. Marieke Van den Brink

On November 5th, the Equality Programme of the NCCR LIVES and the Equality Office of the University of Lausanne will welcome a lecture by Prof. Marieke van den Brink from Radboud University Nijmegen, in the Netherlands. She will unmask some persistent myths related to recruitment and selection which are often used to explain away the under-representation of women in senior academic positions.

Marieke van den Brink is Professor of Gender & Diversity at the Institute for Social and Cultural Research at Radboud University Nijmegen, in the Netherlands. Her main research interests are gender and diversity in organisations, organisational learning and processes of power and resistance. She is an elected member of the prestigious Young Academy of the Royal Netherlands Academy of Arts and Sciences. Her work has been published in many journals, including Journal of Management Studies, Organization Studies, Organization, Human Relations, Gender, Work & Organization, Social Science & Medicine, Employee Relations.

Programme:
  • 12:15-12:25: Welcome address by Stefanie Brander (Equality Office, UNIL) & Eva Green (Vice-dean for Equality and Careers, Faculty of Social and Political Sciences)
  • 12:25-13:30: Lecture by Marieke van den Brink & discussion
  • 13:30-14:00: Standing lunch

Venue: University of Lausanne, Geopolis building, room 1620

>> REGISTRATION

Contacts & informations: equality@lives-nccr.ch 
 
This event is organised in partnership with:
- Equal Opportunities Office of EPFL
- College of Humanities of EPFL
- Faculty of Social and Political Sciences of the University of Lausanne
- Interfaculty Platform for Gender Studies (PlaGe) of the University of Lausanne
The same lecture will take place at the University of Bern, Main building, Hochschulstrasse 4, Room 114, on Monday 5 November from 18:15 to 19:30.
Refugee routes: soirée d'information sur l'Érythrée - COMPLET

Refugee routes: soirée d'information sur l'Érythrée - COMPLET

La prochaine soirée «Refugee Routes», organisée le 1er novembre à Lausanne, portera sur l'Erythrée. Ces soirées ont pour but de mieux comprendre la situation des réfugiés en Suisse, les raisons qui les ont poussés à l’exil et leurs conditions d’accueil en Suisse. Elles sont organisées par l’OSAR avec le soutien du Pôle de recherche national LIVES et s’adressent à toute personne intéressée, en particulier dans les milieux associatifs et institutionnels.

Le règne de l’arbitraire prévaut en Érythrée. Sans Constitution, ni État de droit, la situation préoccupante en matière des droits humains pousse chaque année des milliers de personnes à fuir le pays. Le service national à durée indéterminée et le risque d’y être enrôlé sont les motifs les plus fréquents des demandes d’asile en Suisse. Depuis ces deux dernières années, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) traite les demandes d’asile déposées par les ressortissants érythréens de manière nettement plus stricte, sans pour autant disposer de sources ables qui justiferaient ces nouvelles pratiques.

Cette soirée, organisée par l'OSAR et le PRN LIVES, sera l'occasion pour plusieurs intervenants, présentés par le Professeur Dario Spini, d'exposer le contexte socio-historique de ce pays, ce qui se passe sur le terrain, ainsi que les conditions d'accueil des personnes provenant d'Erythrée en Suisse.

 Les intervenants

  • Contexte socio-historique en Erythrée, David Bozzini, professeur Université de Fribourg
  • Situation sécuritaire et humanitaire sur le terrain, Veronica Almedom, co-fondatrice et co-directrice «Information Forum for Eritrea», membre de la Commission fédérale des migrations
  • Pratiques des autorités suisse, Sarah Frehner, collaboratrice scientifique à l’OSAR
 >> Inscription obligatoire COMPLET - IL NE RESTE PLUS DE PLACES
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Foyers monoparentaux à l’aide sociale: présentation de l'étude aux services sociaux neuchâtelois

Sur invitation de l’Office de la politique familiale et de l’égalité du Canton de Neuchâtel, Ornella Larenza va présenter demain aux responsables des services sociaux son étude LIVES sur les foyers monoparentaux à l’aide sociale. Une belle reconnaissance de sa compétence en la matière et un bel exemple de la manière dont des projets de recherche peuvent être liés aux réflexions sur les politiques sociales.

Demain, sur invitation de Nicole Baur, Ornella Larenza, doctorante FNS de l’Université de Lausanne, va présenter les premiers résultats de son étude LIVES* sur les foyers monoparentaux à l’aide sociale. La directrice de l’Office de la politique familiale et de l’égalité du Canton de Neuchâtel a réuni à cette fin un parquet de responsables des services sociaux communaux et intercommunaux, ainsi que des assistant·e·s sociaux/ales.

Bel exemple d'échange avec les institutions

La « Journée au vert » de demain est destinée à la présentation des premiers résultats de la recherche d'Ornella Larenza, réalisée sur mandat du canton de Neuchâtel. Ce sera aussi l’occasion d’un «focus group», destiné à échanger sur l’interprétation de ces premiers résultats, ainsi que sur les pratiques des professionnels des services sociaux du canton.

Ornella Larenza travaille depuis plus de quatre ans dans le projet LIVES consacré à la monoparentalité, dirigé par la Prof. Laura Bernardi. « C’est un bel exemple de la manière dont ce projet de recherche LIVES est lié aux réflexions sur les politiques sociales et à l’échange avec les institutions », souligne la Prof. Bernardi. « Et cela valorise également notre expertise dans le domaine des parcours de vie et de la vulnérabilité », ajoute Ornella Larenza. Et de se réjouir encore de cette reconnaissance de sa propre compétence dans le domaine des politiques sociales et la vulnérabilité des familles monoparentales en Suisse. Ce d’autant qu’il s’agit de son sujet de thèse.

Travail de réseaux efficace

L’étude sur les foyers monoparentaux à l’aide sociale a débuté ce printemps. Elle comporte deux volets: une analyse quantitative des caractéristiques des bénéficiaires de l’aide sociale économique vivant dans un foyer monoparental d’une part et une enquête qualitative avec une quinzaine d’entretiens individuels.

«Ce mandat pour le canton de Neuchâtel est le fruit du travail de réseaux effectué depuis le début de ce projet avec les institutions et professionnels en Suisse romande», se réjouit encore la Prof. Laura Bernardi.

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Passer par un burn-out ou une dépression peut aussi apprendre à grandir

Une thèse en psychologie défendue par Hannah Klaas à l’Université de Lausanne le 24 septembre 2018 montre que les personnes ayant été victimes de maladies psychiques sont nombreuses à en avoir retiré des aspects positifs pour leur développement personnel et leurs relations avec les autres. Cela prend du temps, et la stigmatisation n’aide certainement pas. Mais ne dit-on pas que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ?

Les recherches en psychologie portent rarement sur des échantillons importants de population « lambda ». Mais Hannah Klaas a eu cette chance au sein du Pôle de recherche national LIVES. Partant des données du Panel suisse de ménages, qui suit de manière longitudinale, année après année, des milliers de foyers dans toute la Suisse, elle a pu extraire un sous-échantillon de 682 personnes ayant eu un grave problème de santé au cours de leur vie, pour moitié une atteinte au corps physique, l’autre moitié étant composée de gens ayant souffert d’une maladie psychique : dépression, burn-out ou anxiété principalement.

Les buts de sa thèse étaient multiples : déterminer la place que la maladie avait prise dans l’identité de ces personnes, observer comment le contexte social, le soutien social et la stigmatisation influencent le rétablissement et l’épanouissement, et enfin comparer les expériences vécues selon que la maladie avait affecté le corps ou l’esprit. En effet, on sait depuis une trentaine d’années environ que les expériences traumatiques comme les catastrophes, les violences interpersonnelles ou les problèmes de santé physique peuvent avoir in fine un impact positif sur le développement personnel. Mais en dehors de quelques études peu diffusées, principalement qualitatives, on n’avait encore jamais observé quantitativement la conséquence des maladies psychiques sur ce qu’on appelle l’épanouissement dans l’adversité.

Epanouissement personnel et relations avec les autres

La thèse d’Hannah Klaas démontre clairement que plusieurs aspects positifs peuvent être retirés aussi d’une atteinte à la santé mentale telle que la dépression, le burn-out ou l’anxiété, tant en termes d’épanouissement personnel que de changements dans les relations avec les autres. 60% des participants à l’étude ont fait état d’un degré important ou modéré d’épanouissement personnel, et 35% de quelques changements positifs depuis la maladie.

Ceux pour qui la maladie a été intégrée comme faisant partie de leur identité montrent davantage de signes d’épanouissement. Ils se déclarent plus compréhensifs, plus tolérants et plus forts après avoir passé cette épreuve, et affirment mieux apprécier la vie. Beaucoup notent que la situation leur a permis de faire le ménage dans leur vie, par exemple en mettant fin à des relations vécues comme malsaines, ou en devenant plus attentif à des domaines problématiques de leur vie.

« Cet effet est le plus marqué pour les personnes qui ont fait une psychothérapie », indique Hannah Klaas. Par contre le fait d’avoir reçu un traitement médicamenteux n’a pas de lien, ni positif ni négatif, avec cet épanouissement. Dans cette étude, les personnes qui déclarent avoir grandi dans l’adversité ne se distinguent nullement par leurs caractéristiques sociodémographiques. « On parle bien de croissance des compétences intra-personnelles et sociales, ce qui n’a pas de lien avec le niveau d’éducation », précise la chercheuse pour expliquer cette large représentation de différents milieux sociaux.

Avec le temps…

S’agit-il là de résilience ? « Ici la question n’est pas de revenir à un état antérieur à la maladie, mais bien d’un développement personnel allant au-delà », explique Hannah Klaas. Sa thèse indique en outre que le lien entre centralité de l’identité et croissance personnelle s’affirme de plus en plus avec le temps, surtout quand les symptômes et les impacts directs de la maladie ont cessé.

L’âge auquel la maladie s’est déclarée compte aussi, mais de manière modérée. Pour certains aspects, l’épanouissement dans l’adversité semble être plus répandu chez les personnes à partir de 40 ans. « Avant aussi pour certains, mais quand on est au milieu de sa vie et qu’on a plus d’expérience, il est peut-être plus facile de trouver du sens ou une raison à sa maladie, de l’accepter et d’en tirer davantage d’aspects positifs pour ses relations avec les autres. Ou peut-être qu’on est davantage prêt à entreprendre des changements dans sa vie ?», suggère la doctorante.

Discrimination et rétablissement

Sa thèse montre également que les personnes ayant subi de fortes discriminations en raison de leur état de santé ont de plus grandes difficultés à se considérer comme guéries. Cependant, et de manière fort intéressante, l’épanouissement aide à gérer la stigmatisation. Les personnes qui ont subi une forme de stigmatisation profitent plus de leur épanouissement : quand elles ont réussi à transcender ces problèmes et qu’elles ont pu en ressortir « grandies », elles indiquent de hauts niveaux de rétablissement subjectif.

Cet épanouissement contribue ainsi davantage au rétablissement s’agissant des personnes discriminées pour une maladie psychique, comparées aux victimes de maladies physiques discriminées ou aux autres malades non-stigmatisés. Cependant, il n’est pas indispensable de s’être épanoui dans l’adversité pour se sentir guéri, car 25% des personnes interrogées se déclarent rétablies sans avoir noté des progrès significatifs dans leur développement personnel.

Soutien social

Le soutien social est déterminant. Avoir rejoint un groupe de parole, faire partie d’une association ou s’engager dans un club favorisent l’épanouissement dans l’adversité. Les personnes souffrant de solitude et d’isolement, par contraste, témoignent de plus de difficultés à donner du sens à leurs difficultés, même anciennes.

Il est à noter que l’échantillon est surtout constitué de personnes pour qui le problème de santé date déjà d’au moins deux ans, dont les impacts directs ont cessé ou qui se sont habituées à gérer le problème, et qui assument cette maladie, car elles acceptent de la mentionner. De plus, ces personnes ont une confiance envers les autres supérieure à la moyenne. Les ressortissants suisses et les universitaires sont en outre surreprésentés dans l’échantillon, même si leur taux d’épanouissement dans l’adversité n’est pas supérieur aux autres catégories sociales.

Il y a donc une forte probabilité que les personnes les plus vulnérables n’aient pas été suffisamment représentées dans l’étude, soit parce qu’elles cachent leur maladie, soit parce qu’elles n’ont pas été diagnostiquées. D’ailleurs l’analyse d’un sous-groupe montrant de faibles taux de guérison montre que ces personnes (10%) craignent davantage de parler de leur maladie et se distinguent par un moindre épanouissement dans l’adversité. Ce sont aussi des gens qui rapportent plus d’expériences de stigmatisation, bénéficient d’un moindre soutien social et font moins partie de groupes.

Recommandations

Pour Hannah Klaas, le message le plus important de sa thèse est que les maladies psychiques ne doivent pas être un tabou, et que « même des choses positives peuvent en ressortir, comme par exemple connaître mieux ses forces ou réussir à mettre fin à une relation toxique. » Elle recommande d’encourager la création de groupes de parole, avec notamment pour objectif de développer chez les personnes malades une identité positive, et de lutter davantage contre la stigmatisation, car « les gens ne se réduisent pas à leur maladie. »

Il faudrait selon la chercheuse davantage d’informations en ligne sur le rétablissement et les possibilités d’épanouissement dans l’adversité à l’intention des personnes concernées et de leurs proches, voire des campagnes dans les écoles pour mieux comprendre ces phénomènes : « On apprend ce qu’est le cancer, mais jamais la dépression. On ne sait pas par exemple que la moitié des victimes de dépression ne connaissent qu’un seul épisode au cours de leur vie. »

>> Hannah Klaas (2018). Identity, adversarial growth and recovery from mental and physical health problems. Under the supervision of Dario Spini. Université de Lausanne

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"Le combat du cerveau pour sortir du canapé"

Les équipes de Boris Cheval, chercheur de l’UNIGE et dans le PRN LIVES, en collaboration avec Matthieu Boisgontier, ont observé que le cerveau tend naturellement à la minimisation de l’effort et qu’il doit utiliser beaucoup de ressources pour contrer ce penchant à la sédentarité.

Aujourd’hui, environ 30% des adultes et 80% des adolescents n’atteignent pas le niveau minimum d’activité physique quotidien recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour demeurer en bonne santé, comme on peut le lire dans le communiqué de presse de l'UNIGE (18.09.18). Le décalage entre l’intention de faire du sport et le passage à l’acte chez les personnes tendant à la sédentarité a déjà été démontré par des études précédentes. Mais que se passe-t-il dans le cerveau pour que l’intention ne soit pas suivie de l’action?

Des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) ont étudié l’activité neuronale de personnes devant choisir entre l’activité physique et la sédentarité. Ils ont observé que le cerveau sollicite des ressources beaucoup plus importantes pour s’échapper d’une attirance générale vers la minimisation de l’effort. Un combat s’engage alors entre l’envie de ne rien faire et l’activité physique. Ces résultats, à lire dans la revue Neuropsychologia, sont en accord avec l’idée selon laquelle nos ancêtres devaient éviter les efforts physiques inutiles afin d’augmenter leurs chances de survie, ce qui n’a plus lieu d’être dans nos sociétés modernes.

Nombreux sont ceux qui achètent un abonnement de fitness et ne s’y rendent jamais. Ce comportement, appelé par les chercheurs le paradoxe de l’activité physique, a été démontré par des études précédentes qui opposent le système contrôlé fondé sur la raison – je dois faire du sport pour être en bonne santé – au système automatique fondé sur l’affect – les sensations d’inconfort et de fatigue ressenti pendant l’activité physique. Lorsque la raison et l’affect sont en conflit, l’implémentation du comportement d’activité physique ne se fait pas et la personne tend à la sédentarité. Mais que se passe-t-il au niveau neuronal qui fait que l’affect l’emporte sur l’intention?

Pour répondre à cette question, les équipes de Boris Cheval, chercheur à la Faculté de médecine de l’UNIGE, aux HUG et dans le PRN LIVES, et de Matthieu Boisgontier, chercheur à l’Université KU Leuven (Belgique) et à l’Université de British Columbia (UBC, Canada), ont étudié l’activité neuronale de 28 personnes, toutes voulant être actives dans leur quotidien, sans l’être forcément. Les participants devaient ensuite choisir entre l’activité physique et la sédentarité, pendant que les chercheurs sondaient leur activité cérébrale à l’aide d’un électro-encéphalographe muni de 64 électrodes.

Moins de temps, mais plus de ressources

«Nous avons soumis les participants au jeu du mannequin, qui consiste dans un premier temps à diriger un mannequin vers des images représentants une activité physique et de l’éloigner d’images représentants la sédentarité, puis dans un deuxième temps d’effectuer l’action contraire», explique Boris Cheval. Les chercheurs ont ensuite comparé la différence de temps pour approcher la sédentarité et pour l’éviter. «Nous avons constaté que les participants mettaient 32 millisecondes de moins à s’éloigner de la sédentarité, ce qui est important dans une telle tâche», s’étonne Boris Cheval, ce résultat allant à l’encontre de la théorie et du paradoxe de l’activité physique. Mais alors, comment l’expliquer?

Il s’agit ici de la force de la raison. Les participants fuient la sédentarité plus vite qu’ils ne l’approchent, parce que cette action est non seulement en accord avec la consigne donnée par les chercheurs, mais surtout avec leur intention d’être actif physiquement. Ils font alors appel aux ressources nécessaires pour fuir leur penchant naturel qui les poussent à la minimisation de l’effort et réagissent rapidement pour contrer cet «instinct».

«Par contre, nous avons observé que l’activité électrique associée à deux zones cérébrales en particulier, le cortex fronto-medial et le cortex fronto-central, était beaucoup plus élevée que lorsque le participant devait choisir la sédentarité», constate Boris Cheval. Ces deux zones représentent respectivement le combat qui s’instaure entre la raison et les affects, et la capacité d’inhibition des tendances naturelles. «Le cerveau doit donc solliciter beaucoup plus de ressources pour s’éloigner des comportements sédentaires, plutôt que de suivre son penchant pour la minimisation de l’effort», continue le chercheur.

Lutter contre un héritage de l’évolution

D’où vient ce penchant pour la sédentarité? «La minimisation de l’effort était capitale pour l’espèce humaine au cours de l’évolution. Cette tendance à l’économie et à la conservation des ressources augmentait les chances de survie et de reproduction», explique Boris Cheval. «Mais aujourd’hui, nos sociétés modernes rendent cette optimisation énergétique caduque. Il faudrait au contraire encourager l’activité physique au lieu d’offrir des tentations à en faire moins, comme les escalators ou les ascenseurs. Il s’agirait par exemple de modifier l’espace public pour réduire les opportunités des individus de s’engager spontanément dans des comportements associés à une minimisation de l’effort.

>> Contact: Boris.Cheval@unige.ch, +41 22 379 89 42

Source: communiqué de presse UNIGE (18/09/18)

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