Les foyers monoparentaux neuchâtelois à l’aide sociale au regard d’une étude du Pôle de recherche LIVES

Les foyers monoparentaux neuchâtelois à l’aide sociale, selon une étude du PRN LIVES « Surmonter la vulnérabilité : perspective du parcours de vie », sont en général gérés par des femmes faisant face à des problématiques multiples. En effet, les entretiens menés avec des mères seules indiquent un cumul de désavantages au fil du parcours de vie en lien avec l’origine sociale, une scolarisation in-complète, des problèmes de santé, une expérience migratoire ou encore des inégalités dans la vie de couple.

Le premier volet de l’étude, quantitatif, donne un aperçu du profil de la population concernée pour l’année 2016 à partir de la base de données cantonale sur les bénéficiaires de l’aide sociale économique (ASE). Selon ce recensement, dans plus de 90% des cas, elle se compose d’une mère seule d’environ 40 ans et de ses enfants. Ces familles habitent davantage dans les zones les plus urbanisées du canton. Les cas de veuvage sont très rares.

La plupart des monoparents est dans une unité d’assistance comprenant un seul enfant dépendant et l’enfant plus jeune a en moyenne 9 ans et demi. Plus d’un cinquième des parents est occupé et travaille souvent à temps partiel. Un peu plus de la moitié des foyers monoparentaux bénéficiaires de l’ASE dans le canton de Neuchâtel sont de nationalité suisse, alors qu’un quart sont des ressortissants d’un pays européen.

Enfin, seule une petite minorité de bénéficiaires parvient à quitter l’ASE en moins de douze mois et la presque totalité des foyers restent à l’assistance sur le long terme. Dans les foyers bénéficiaires où des pères sont à la tête du foyer, on retrouve globalement les mêmes caractéristiques de profil de la population totale (mères et pères).

La sortie de l’aide sociale entravée par le travail et la santé

Les deuxième et troisième volets de l’étude mettent en évidence les facteurs qui peuvent contribuer à entrer à l’aide sociale et en ressortir. Ces volets sont basés sur des entretiens avec des bénéficiaires des prestations sociales et des professionnel-le-s qui œuvrent dans ces services sociaux. Tous les répondants pointent du doigt des difficultés multiples qui se cumulent et s’imbriquent au long du parcours de vie, jusqu’à ce qu’un élément déclencheur (perte d’emploi, fin de droits de l’assurance-chômage, séparation/divorce, etc.) les rende difficile à gérer et mène les personnes à dépendre de l’aide sociale économique. Ainsi, l’importance du versement et des montants des pensions alimentaires est soulignée autant par les bénéficiaires que par les professionnel-le-s du travail social.

Le manque de solutions de garde fiables est souvent évoqué, rendant difficile la poursuite d’une activité professionnelle pour les parents seuls. Parmi les facteurs pouvant empêcher la sortie de l’assistance, il y a le fait de travailler dans des secteurs offrant peu d’emplois, des problèmes de santé physique ou encore l’âge relativement avancé des bénéficiaires pour le marché de l’emploi. En outre, la perspective de devenir saisissables en cas de sortie du dispositif, pour les bénéficiaires ayant des dettes, peut engendrer une incitation à rester à l'aide sociale.

Prévenir, soutenir et former pour s’en sortir

L’étude révèle l’importance d’un travail en amont pour prévenir le cumul de désavantages. En l’occurrence, il s’agit d’agir dans de multiples domaines de vie : scolarisation, santé psychique, insertion sociale et professionnelle, etc. Par ailleurs, il est important que le soutien financier de l’aide sociale soit pris en compte par des politiques de conciliation famille-travail spécifiques aux besoins des parents en situation de monoparentalité. Du point de vue des bénéficiaires, des solutions d’aide plus adaptées aux différents types de bénéficiaires seraient souhaitables, selon le secteur d’emploi par exemple, et notamment sous forme de formations complémentaires non couvertes actuellement par l’aide sociale.

Cette recherche a été effectuée en partenariat avec l’Office de la politique familiale et de l'égalité du Canton de Neuchâtel et menée par la Dre Ornella Larenza sous la direction de la Prof. Laura Bernardi (Université de Lausanne, PRN LIVES). Elle étudie les multiples facettes des foyers monoparentaux neuchâtelois à l’aide sociale. Après un doctorat auprès du Pôle national de recherche LIVES, la Dre Ornella Larenza est aujourd’hui chercheuse à la Haute école spécialisée du Tessin (SUPSI).

L’intégralité de l’étude est disponible sur notre page « Rapports, partenariats, évènements ». Toute question à ce propos peut être adressée à l’auteure de l’étude.

Ornella Larenza, PhD
Ricercatrice

SUPSI - Scuola universitaria professionale della Svizzera italiana
DEASS - Dipartimento economia aziendale, sanità e sociale
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