Connaître les réseaux personnels pour mieux identifier les personnes vulnérables

Connaître les réseaux personnels pour mieux identifier les personnes vulnérables

Le recours à la solidarité familiale reste au cœur des politiques publiques, malgré la « déstandardisation » des parcours de vie. En effet, les réseaux de relations personnelles se sont aujourd’hui diversifiés et s’appuient notamment sur les ami·es ou les collègues. C’est ce que montrent les résultats de l’étude Family tiMes, qui incite ainsi au développement de politiques sociales et familiales plus ancrées dans la réalité des trajectoires de vie et qui permettraient de mieux cibler les groupes à risque.

Les relations sociales des individus se construisent au fil des transitions dans les trajectoires de vie, tels que la parentalité, le chômage ou un accident, et de la durée des différentes étapes. Dans leur article, les chercheurs Gaëlle Aeby, Jacques-Antoine Gauthier et Eric D. Widmer montrent que les parcours de vie contemporains sont sujets à une « dé-strandardisation » due a une incertitude des trajectoires et de la réversibilité de certains évènements, tels que le mariage ou le choix d’une profession. Ainsi, les rôles individuels sont amenés à changer et à modifier la structure des réseaux personnels.  

L’enquête Family tiMes, qui comprend quelques 800 personnes nées dans les années 50 et 70, révèle que le réseau des personnes « très importantes » contient en moyenne 4 membres. Sur la base de ces données, les trois chercheurs identifient sept types de réseaux personnels, quatre centrés sur la famille, et trois sur des amis. La famille nucléaire (conjoint·e et enfants) est ainsi au centre des relations des individus devenus parents dans la vingtaine. A contrario, les réseaux faisant la part belle aux liens amicaux sont ceux de personnes privilégiant une vie conjugale (sans enfants), célibataire ou ayant fait l’expérience d’une rupture conjugale. Dans ces réseaux, les ami·es jouent un rôle-clé comme pourvoyeur de soutien émotionnel et matériel.

Mieux identifier les groupes à risque

En Suisse, les normes de solidarité, notamment pour la garde des enfants, le financement des études ou l’aide aux seniors, se basent encore fortement sur la famille et l’autonomie individuelle. Afin de mieux identifier les groupes à risque, les politiques publiques gagneraient à cibler les évènements de vie critiques. Elles pourraient ainsi s’ajuster aux besoins de chacun·e et tenir compte des aléas des trajectoires familiales contemporaines.

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